Kenya : effondrement d’un immeuble en chantier à Eastleigh, sept disparus et une enquête sur un bâtiment sans autorisation
Les recherches se poursuivaient samedi 24 octobre dans les décombres d’un immeuble en construction qui s’est effondré la veille, vers 13 h 40, dans le quartier très dense d’Eastleigh, à Nairobi. Selon le ministre kenyan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, sept personnes sont portées disparues. Le gouverneur de la capitale, Johnson Sakaja, affirme que le bâtiment ne respectait pas les normes de construction et a promis des poursuites contre son propriétaire.
« Nous avons vu une fissure »
Situé sur la 1re Avenue d’Eastleigh, au croisement de la 9e Rue, l’immeuble était encore en chantier, mais son rez-de-chaussée et son sous-sol étaient déjà occupés par des commerces. Sa hauteur varie selon les sources, entre 12 et 18 étages. D’après des ouvriers interrogés par le quotidien The Star, une fissure était apparue à un angle de la structure peu avant le drame, poussant une partie des travailleurs à quitter les lieux. Un témoin raconte que le bâtiment s’est effondré en deux minutes environ.
Selon Kipchumba Murkomen, les 67 ouvriers présents sur le chantier ont tous été retrouvés : 66 sont sortis indemnes et un blessé est hospitalisé dans un état stable. Les disparus seraient surtout des personnes se trouvant dans les onze boutiques du rez-de-chaussée et du sous-sol. Les secouristes ont pu établir le contact avec certaines d’entre elles, et le commandant de la police de Nairobi a indiqué qu’une voix de femme avait été entendue sous les gravats. Aucun décès n’avait été officiellement confirmé samedi matin.
Une opération de secours perturbée par les pillages
Les Forces de défense kenyanes, la police nationale, les services du comté de Nairobi, le National Youth Service et la Croix-Rouge kenyane participent aux recherches. Les sauveteurs dégagent les débris pour permettre à l’oxygène d’atteindre les personnes coincées. Des actes de pillage ont été signalés juste après l’effondrement, et la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser pilleurs et badauds. Les familles sont invitées à contacter la Croix-Rouge au 1199, et un soutien psychologique est mis en place.
Un chantier sans certificat d’occupation
Johnson Sakaja a indiqué que l’immeuble ne disposait pas de certificat d’occupation, alors que des commerces y étaient déjà installés. Le comté a saisi le Directeur des poursuites publiques, et la presse kenyane rapporte que la police recherche le propriétaire, dont l’identité n’a pas été rendue publique. Kipchumba Murkomen a annoncé une enquête associant agences nationales, comté et ordres professionnels, en promettant que les responsables rendraient des comptes.
Un problème récurrent à Nairobi
Le drame relance le débat sur la sécurité des constructions dans une capitale en plein boom immobilier : le nombre de bâtiments achevés est passé de 20 025 en 2022 à 25 090 l’an dernier, selon le bureau des statistiques de la ville. Un audit national réalisé l’an passé a conclu que 87 % des bâtiments contrôlés ne respectaient pas les normes ou n’avaient pas les autorisations requises. Les effondrements se répètent : en avril 2016, un immeuble de six étages s’était écroulé après des pluies diluviennes dans le nord-est de Nairobi, faisant 49 morts. Les critiques pointent la corruption, qui permet à certains promoteurs de contourner les règles.
Sources : The Star (24/10), The Star (23/10), Africanews, Al Jazeera, People Daily, AllAfrica / RFI.
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