Successions militaires en Afrique : la souveraineté comme nouveau récit politique
Depuis plusieurs années, le continent africain assiste à la multiplication des transitions dirigées par des militaires, du Sahel à l’Afrique centrale. Ce phénomène, loin d’être uniforme, partage néanmoins un dénominateur commun : la mobilisation systématique du récit de la souveraineté nationale face à des puissances extérieures accusées de perpétuer des rapports de domination hérités de la colonisation.
Le discours d’Ibrahim Traoré à l’occasion de l’indépendance du Burkina Faso en est une illustration frappante. En parlant de « guerre de libération » plus de six décennies après l’indépendance formelle, le chef de la transition burkinabè s’inscrit dans une rhétorique qui trouve un écho puissant auprès d’une jeunesse africaine en quête de repères et de dignité retrouvée.
Mais au-delà du symbole, la question qui se pose est celle de la traduction concrète de cette souveraineté proclamée : accès à l’énergie, création d’emplois, sécurité alimentaire, maîtrise des filières stratégiques. L’histoire jugera ces transitions non pas sur la force de leur discours, mais sur leur capacité à transformer durablement les conditions de vie des populations qu’elles disent servir. C’est là, et nulle part ailleurs, que se mesurera la sincérité du projet de souveraineté qu’elles portent.
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