La Chronique Du Bantu : quand le silence des chefs d’État devient une politique
Deux mois. C’est le temps que le chef de l’État camerounais passe hors de son pays, sans que ses concitoyens n’aient de réponse claire sur les raisons de cette absence. Et le Cameroun n’est pas un cas isolé sur le continent : d’un pays à l’autre, la question de la continuité du pouvoir, du silence institutionnel et de la communication de crise autour des chefs d’État vieillissants revient, année après année, comme un angle mort de notre gouvernance.
Ce silence n’est jamais neutre. Il fabrique de l’incertitude, nourrit les rumeurs, fragilise la confiance des citoyens envers leurs institutions et, in fine, envahit l’espace que devrait occuper une communication publique responsable. Dans un continent où plusieurs chefs d’État dépassent aujourd’hui les 80 ans, la question n’est plus tabou : elle est structurelle.
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la légitimité de qui que ce soit, mais de poser une question simple : nos textes constitutionnels prévoient-ils réellement des mécanismes clairs de transition et de gestion de l’absence prolongée d’un chef de l’État ? Trop souvent, la réponse est non, ou reste floue, laissant la porte ouverte à toutes les interprétations et à toutes les inquiétudes.
Le Bantu qui observe cette situation retient une leçon simple : une nation forte n’est pas celle qui dépend d’un seul homme, mais celle dont les institutions savent fonctionner, informer et rassurer, quelle que soit la situation personnelle de son dirigeant. C’est cette maturité institutionnelle que l’Afrique doit encore construire.
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