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Politique

Cameroun : l’absence prolongée de Paul Biya ravive le débat sur la vacance du pouvoir

Drapeau du Cameroun
Drapeau du Cameroun. Photo : Wikimedia Commons (licence libre).

Le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé le 7 juin 2026 pour ce que la présidence avait présenté comme un « court séjour privé en Europe », en compagnie de son épouse Chantal Biya. Plus de deux mois plus tard, il n’est toujours pas rentré, et son absence prolongée continue d’alimenter les interrogations dans la classe politique comme dans l’opinion publique.

Le silence officiel face à la question de la vacance

Depuis son départ, aucune communication officielle n’a précisé sa localisation exacte ni une éventuelle date de retour. Seuls quelques décrets, essentiellement liés aux Forces de défense, et des télégrammes protocolaires adressés à des chefs d’État étrangers ont continué d’être signés en son nom. Face à ce silence, une partie de l’opposition a saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il se prononce sur une éventuelle vacance du pouvoir, tandis que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti présidentiel, affirme que le chef de l’État continue d’exercer pleinement ses fonctions.

Le poste de vice-président, toujours pas pourvu

L’Union démocratique du Cameroun (UDC) a pris position sans vouloir spéculer sur la situation personnelle du président, mais en rappelant que la révision constitutionnelle du 14 avril 2026 avait réintroduit la fonction de vice-président, précisément pour sécuriser la continuité de l’État en cas d’empêchement temporaire. Ce poste n’a toutefois toujours pas été pourvu, ce qui prive le pays d’un mécanisme institutionnel clair en pareille situation.

Le Cameroun reste la première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et le débouché portuaire du Tchad et de la Centrafrique enclavés. Une incertitude prolongée au sommet de l’État y produit des effets concrets : arbitrages budgétaires reportés, nominations gelées et décisions d’investissement suspendues, dans un contexte politique déjà marqué par le contentieux né de la présidentielle d’octobre 2025.


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