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La Chronique Du Bantu

La Chronique du Bantu — Corridor de Lobito : l’Afrique ne doit pas dépendre du bon vouloir de Washington

Drapeau de l'Angola

Il aura suffi de quelques déclarations de Donald Trump pour que l’avenir du corridor de Lobito, présenté il y a encore deux ans comme le symbole d’un nouveau partenariat gagnant-gagnant entre l’Afrique et les États-Unis, se retrouve suspendu à l’incertitude. La RDC, la Zambie et l’Angola apprennent, une fois de plus, une leçon que le continent devrait pourtant connaître par cœur : aucune infrastructure vraiment stratégique ne devrait dépendre du bon vouloir politique d’un seul partenaire extérieur, aussi puissant soit-il.

Le syndrome du projet suspendu

Ce n’est pas la première fois qu’un grand projet logistique africain se retrouve otage d’une décision prise à des milliers de kilomètres du continent. De la même manière que les cours du cuivre ou du cobalt dictent parfois plus la politique industrielle de la ceinture minière que les stratégies nationales elles-mêmes, le financement des infrastructures reste trop souvent suspendu à des calculs géopolitiques qui échappent totalement aux pays concernés. Le corridor de Lobito, censé réduire justement cette dépendance vis-à-vis des routes contrôlées par d’autres puissances, se retrouve paradoxalement menacé par la même logique de dépendance, appliquée cette fois au financement plutôt qu’au transport.

Diversifier les financements, pas seulement les partenaires

La déclaration de l’Africa Finance Corporation, qui maintient son objectif de closing financier d’ici fin 2026, est un signal encourageant. Mais elle devrait surtout servir de déclic : l’Afrique dispose aujourd’hui d’institutions financières continentales, de fonds souverains et de partenaires diversifiés, du Golfe à l’Asie, capables de sécuriser ce type de projet sans dépendre exclusivement d’un seul bailleur occidental. Le vrai test de souveraineté logistique africaine ne sera pas de convaincre Washington de revenir sur ses doutes, mais de démontrer qu’un tel corridor peut se financer et s’achever sans lui, si nécessaire.


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