La Chronique du Bantu : un parlementaire tué en Zambie, et la démocratie africaine qui retient son souffle
La Zambie faisait figure, depuis 2021, de bonne élève démocratique en Afrique australe : une alternance pacifique, un pouvoir sortant qui accepte sa défaite, une opposition qui continue d’exister et de s’exprimer. La mort, ce jeudi, du parlementaire d’opposition Mutotwe Kafwaya, tué lors d’une opération des forces de sécurité, vient fissurer ce récit rassurant.
On ne sait pas encore grand-chose des circonstances exactes de ce raid. Mais l’émotion suscitée à Lusaka rappelle une évidence trop souvent oubliée : la qualité d’une démocratie ne se mesure pas seulement au jour du scrutin, elle se mesure aussi, et peut-être surtout, dans la manière dont un pouvoir traite ses opposants une fois l’élection passée. Une alternance réussie n’immunise pas contre la tentation, plus tard, de traiter la contestation politique comme une menace à l’ordre public plutôt que comme une composante normale de la vie démocratique.
Le continent a connu, ces dernières années, plusieurs affaires similaires où des figures de l’opposition ont perdu la vie dans des circonstances contestées, sans que la vérité judiciaire ne suive toujours. Ce silence répété nourrit, d’un pays à l’autre, une défiance croissante envers les institutions censées garantir l’État de droit.
La suite donnée à ce dossier zambien, la transparence ou non de l’enquête annoncée, dira beaucoup de la solidité réelle des acquis démocratiques du pays. L’Afrique australe, longtemps citée en exemple, ne peut se permettre de voir cette réputation s’effriter dans l’indifférence.
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