Port de Lomé : le hub qui redessine la carte logistique ouest-africaine
Pendant que plusieurs corridors ouest-africains cherchent encore leur souffle, le port autonome de Lomé, lui, poursuit son ascension. Seul port d’Afrique subsaharienne classé dans le Top 100 mondial de Lloyd’s List, et cinquième port du continent derrière Tanger Med, Port-Saïd, Durban et Alexandrie, Lomé a traité 2,06 millions d’EVP en 2024, en hausse de 8 % sur un an. Une performance que les analystes attribuent avant tout à la dynamique du transbordement, segment sur lequel le port togolais a construit son avantage compétitif.
Une porte unique vers le Sahel
Le chiffre est frappant : selon des études récentes, 92 % du trafic de transit à destination des pays de l’Alliance des États du Sahel transiterait désormais par Lomé, loin devant les corridors concurrents d’Abidjan, Dakar ou Conakry. Cette position de porte quasi unique vers l’hinterland sahélien repose sur des atouts géographiques réels, une profondeur de 18,6 mètres après dragage qui permet d’accueillir les plus grands porte-conteneurs, mais aussi sur des choix stratégiques assumés : partenariats avec MSC via Terminal Investment Limited et avec China Merchants Port Holdings, digitalisation des procédures douanières, et un programme de modernisation de 500 millions d’euros.
Un nœud logistique, pas seulement un port
Ce qui distingue désormais Lomé, c’est la manière dont le port s’articule avec la plateforme industrielle adjacente d’Adétikopé, à une trentaine de kilomètres, pour former un véritable écosystème logistique intégré, du débarquement maritime jusqu’à la transformation industrielle avant réexpédition vers Ouagadougou, Bamako ou Niamey. Pour les opérateurs logistiques de la sous-région, cette intégration réduit les ruptures de charge et les délais, deux variables décisives dans un contexte où l’insécurité sur certains axes terrestres continue de peser sur les coûts d’acheminement.
Reste un défi de fond, commun à tous les grands hubs portuaires africains : transformer cette performance en gains partagés pour l’ensemble de la chaîne logistique régionale, des transporteurs routiers aux transitaires, plutôt qu’en avantage concentré sur les seuls grands armateurs internationaux.
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