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Économie

Croissance 2026 : l’écart qui sépare l’optimisme de Yaoundé et la prudence du FMI

Sur le papier, l’écart semble minime. Le gouvernement camerounais projette une croissance économique de 3,5 % pour 2026, contre 3,3 % pour le Fonds monétaire international. Deux dixièmes de point qui, en apparence, ne bouleversent rien. Mais derrière ce chiffre se cache une divergence plus profonde sur la solidité des moteurs de l’économie nationale.

Deux trajectoires, une même prudence de façade

Les autorités camerounaises misent sur une accélération progressive, avec une croissance projetée à 3,6 % en 2027 puis 4,8 % en 2028, portée par le développement agro-industriel, l’amélioration de l’offre énergétique et la poursuite de la politique d’import-substitution. Le FMI, de son côté, se montre plus prudent à court terme mais rejoint cette trajectoire ascendante à moyen terme, avec 3,8 % en 2027 et 4,2 % en 2028. L’institution de Bretton Woods insiste toutefois sur les risques élevés qui pèsent sur ce scénario, notamment la réalisation dans les délais des grands projets énergétiques, un talon d’Achille récurrent de la politique d’investissement public camerounaise.

Le cacao, entre record et reflux

La filière cacao illustre bien cette dualité. Portée par une offre mondiale contrainte, elle a hissé le Cameroun au quatrième rang mondial des exportateurs en 2024 et 2025. Mais le reflux des cours amorcé fin 2025 menace désormais les recettes d’exportation, avec une dégradation des termes de l’échange que le FMI anticipe à 16,3 % en 2026. À l’inverse, la filière café continue de décliner, fragilisée par l’insécurité dans les bassins de production des régions anglophones, tandis que le secteur bois, très dépendant de la demande chinoise, ralentit sous l’effet du relèvement des droits de sortie sur le bois brut.

Entre un gouvernement qui affiche sa confiance et un FMI qui rappelle la fragilité structurelle de plusieurs filières exportatrices, c’est bien la capacité du Cameroun à diversifier réellement son économie, au-delà des matières premières, qui déterminera lequel des deux chiffres se rapprochera le plus de la réalité de 2026.


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