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Centrafrique : la CPI reconnaît l’ex-commandant Séléka Mahamat Saïd coupable de crimes contre l’humanité

Drapeau de la République centrafricaine
Drapeau de la République centrafricaine. Wikimedia Commons, domaine public

La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable, mercredi 23 septembre à La Haye, l’ancien commandant de la coalition Séléka Mahamat Saïd Abdel Kani de crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine en 2013, au moment où le pays basculait dans la guerre civile.

Âgé de 56 ans, l’accusé dirigeait à l’époque l’Office central de répression du banditisme (OCRB), une unité spéciale de police installée à Bangui. Les juges ont établi qu’il avait supervisé des passages à tabac et des mauvais traitements infligés à des détenus dans ces locaux. Selon les comptes rendus d’audience, l’ancien chef rebelle a secoué la tête à plusieurs reprises pendant que la juge présidente, Miatta Maria Samba, détaillait les crimes retenus contre lui.

2013, l’année où Bangui a basculé

En mars 2013, la Séléka, coalition de groupes armés venue majoritairement du nord-est, s’empare de Bangui et renverse le président François Bozizé. S’ensuivent des mois d’exactions, de pillages et de représailles, puis la riposte des milices anti-balaka. Le cycle de violences plonge la Centrafrique dans une crise dont elle ne s’est jamais complètement relevée. C’est dans ce contexte que l’OCRB, sous contrôle de la Séléka, est devenu un lieu de détention redouté.

Un verdict attendu par les victimes

Pour les victimes, cette décision marque une étape importante : peu de responsables des violences de 2013-2014 ont été jugés. Le verdict intervient après plusieurs années de procédure, Mahamat Saïd ayant été remis à la Cour en 2021. La peine sera prononcée ultérieurement, et la défense dispose de voies de recours.

Au-delà du cas individuel, cette condamnation relance le débat sur la justice pour les crimes commis en Centrafrique. À côté de la CPI, la Cour pénale spéciale, juridiction hybride installée à Bangui, poursuit elle aussi des dossiers liés au conflit. Pour de nombreuses organisations de défense des droits humains, la lutte contre l’impunité reste une condition de la réconciliation dans un pays où les groupes armés conservent une capacité de nuisance.

La rédaction de Kompas Actu


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