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Mali : l’ancien maire de Bamako Adama Sangaré jugé pour le lotissement de la zone aéroportuaire

Très attendu à Bamako, le procès de l’ancien maire du district de la capitale malienne, Adama Sangaré, s’est ouvert lundi 12 octobre 2026 devant le Pôle national économique et financier (PNEF). Avec plusieurs co-accusés, dont un préfet, il répond de détournement de deniers publics et de faux et usage de faux dans une vaste affaire de spéculation foncière autour de l’aéroport international Modibo-Keïta. Les prévenus clament leur innocence.

Plus de 3 000 parcelles dans le domaine aéroportuaire

Le dossier porte sur le morcellement et l’attribution de terrains dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, un domaine public censé être réservé aux activités et à la sécurité de l’aéroport. Selon RFI, cité par PressAfrik, plus de 3 000 parcelles, voire environ 3 500 selon certains décomptes, y ont été attribuées à des particuliers, qui y ont parfois construit des demeures imposantes.

Les chefs d’accusation retenus sont le détournement de deniers publics, la complicité et le faux et usage de faux. Le nombre exact de prévenus varie selon les sources : huit personnes au total selon RFI, neuf selon le quotidien malien L’Indicateur du Renouveau, repris par Bamada.net. Le procès devrait durer au moins trois jours.

Une audience plusieurs fois reportée

L’ouverture des débats avait initialement été programmée les 5 puis 8 octobre, avant d’être renvoyée au 12 octobre. Ce procès devant la juridiction spécialisée dans les crimes économiques et financiers est suivi de près, tant la question foncière est sensible dans la capitale malienne, où la pression urbaine alimente une spéculation importante sur les terrains.

La défense invoque une décision au sommet de l’État

Les avocats des prévenus rejettent les accusations et avancent une ligne de défense politique. Selon eux, c’est un ancien président de la République qui aurait ordonné le morcellement de la zone, dans le cadre de la réconciliation nationale, afin d’attribuer des parcelles à des responsables de groupes armés du nord engagés dans le processus de paix. Les conseils entendent aussi contester l’accusation de détournement de 526 millions de francs CFA de frais d’édilité.

Cette argumentation, si elle était étayée à l’audience, pourrait élargir le débat au-delà de la seule gestion municipale et poser la question des responsabilités politiques dans les attributions foncières des années passées.

Un test pour la lutte anticorruption

Pour les autorités maliennes, qui ont fait de la lutte contre la délinquance financière un axe de communication, ce procès constitue un test. Pour les habitants de Bamako, il pose une question très concrète : que deviendront les constructions érigées sur des terrains dont l’attribution est aujourd’hui contestée devant la justice ? Le verdict, attendu à l’issue des débats, sera déterminant pour les nombreux acquéreurs de parcelles dans la zone.

Sources : PressAfrik / RFI, Bamada.net / L’Indicateur du Renouveau, allAfrica / revue de presse RFI.


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