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Maurice : couvre-feu sur un tiers de l’île après des violences nourries par une bavure policière et les coupures d’eau

Le gouvernement mauricien a instauré mardi 13 octobre 2026 un couvre-feu de 20h30 à 6h dans dix régions administratives, soit environ un tiers du territoire, y compris des zones de la capitale Port-Louis. La mesure, annoncée par le Premier ministre Navin Ramgoolam lors d’une allocution télévisée, fait suite à une nuit de violences dans plusieurs localités. C’est la première fois qu’un couvre-feu est décrété dans l’île depuis la pandémie de Covid-19.

Une jeune femme blessée par balle à un barrage de police

L’étincelle remonte au vendredi 9 octobre au soir. Dans la banlieue de l’une des principales villes du pays, une femme de 27 ans, identifiée par l’agence Xinhua comme Élodie Thomas, a été grièvement blessée par balle alors qu’elle rentrait du travail, lors d’un barrage de police. Le policier auteur du tir et trois de ses collègues ont été arrêtés, selon l’AFP. Cette bavure présumée a suscité une vive indignation dans l’opinion.

La colère s’est greffée sur un mécontentement déjà vif : le pays subit des coupures d’eau prolongées, liées à des problèmes de distribution dans un contexte de sécheresse. Des habitants avaient déjà manifesté la semaine précédente contre ces pénuries.

Routes bloquées, postes de police saccagés

Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, la situation a dégénéré. Des routes ont été bloquées, des pneus incendiés, des biens publics vandalisés, des commerces et des postes de police saccagés, et plusieurs véhicules brûlés. Aucun bilan humain lié à ces violences n’avait été communiqué mercredi matin.

Le Premier ministre a jugé ces violences « inacceptables ». Les autorités estiment que certaines actions étaient coordonnées et les attribuent à un groupe qui serait financé par des trafiquants de drogue se sentant menacés par l’action de la police. Navin Ramgoolam a appelé au calme et promis d’identifier les instigateurs, tout en demandant aux forces de l’ordre d’agir avec fermeté et discernement.

Une île au ralenti

Le couvre-feu, qui peut être prolongé, concerne surtout les périphéries urbaines. Des dispositions spéciales sont prévues pour les urgences médicales et les services essentiels. Mercredi matin, les transports ont repris à 6h et les commerces ont rouvert, mais les crèches et les écoles sont restées fermées. L’organisation patronale Business Mauritius a appelé les employeurs à faire preuve de flexibilité envers leurs salariés.

L’image de Maurice, souvent présentée comme un modèle de stabilité et de prospérité en Afrique, en prend un coup. L’île figure d’ailleurs, avec les Seychelles, parmi les pays africains les mieux classés d’un indice de libéralisme économique publié cette semaine. La crise rappelle que la question de l’accès à l’eau et la confiance envers les forces de l’ordre restent des sujets explosifs.

Ce qui va suivre

Un nouveau Conseil des ministres était convoqué mercredi 14 octobre à 14h30 pour décider de la suite, notamment d’une éventuelle prolongation du couvre-feu. Les regards se tournent aussi vers l’enquête sur le tir du 9 octobre, dont les conclusions seront déterminantes pour apaiser la colère, et vers les mesures attendues sur l’approvisionnement en eau.

Sources : AFP via allAfrica ; Xinhua ; allAfrica, revue de presse du 14 octobre ; Africanews.


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