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Logistique

Corridor Cameroun-Tchad : la difficile équation logistique des transporteurs camerounais

Le corridor reliant Douala à N’Djamena — environ 1 500 à 1 700 km selon les tronçons comptabilisés — demeure l’une des artères commerciales les plus stratégiques d’Afrique centrale. Chaque année, plusieurs millions de tonnes de marchandises transitent par cet axe pour approvisionner le Tchad et, dans une moindre mesure, la République centrafricaine, deux pays sans façade maritime largement dépendants du Port autonome de Douala. Mais pour les transporteurs camerounais qui l’empruntent au quotidien, ce corridor reste semé d’embûches persistantes.

Des tensions qui dégénèrent sur le terrain

Fin juin 2026, la localité frontalière de Zébé, dans l’arrondissement de Yagoua, a été paralysée par des barricades érigées après l’application de nouveaux tarifs de transport contestés par les chauffeurs tchadiens. Les transporteurs camerounais dénoncent pour leur part des taxes multiples imposées à leurs camions lors du passage à Bongor, côté tchadien, même lorsque les véhicules circulent à vide. Selon le syndicat tchadien des transporteurs (SYCODAF-Tchad), environ trente postes de contrôle subsistent encore le long du corridor.

Un cadre réglementaire CEMAC encore en chantier

Le transport routier interétatique en zone CEMAC reste régi par le Code communautaire de la route, adopté à Douala le 17 mai 2001. Ce texte, vieux de près d’un quart de siècle, fait l’objet depuis plusieurs années d’un chantier de modernisation. À ce socle s’ajoute un régime douanier spécifique : depuis 2017, un Titre de Transit Unique (TTU) a simplifié la multiplication antérieure des titres de transit à chaque étape du parcours.

Le BESC suspendu, signe d’une administration sous pression

Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) a annoncé, le 15 juin 2026, la suspension de l’exigibilité du Bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) sur les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui, suite aux recommandations du 5ᵉ forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA tenu en mai 2026. En cause : une interconnexion insuffisante des systèmes d’information entre les conseils des chargeurs de la sous-région.

Ce qu’il faut retenir

Pour les transporteurs camerounais, 2026 illustre un paradoxe persistant : des avancées réglementaires réelles coexistent avec des blocages structurels bien identifiés. Tant que ces réformes resteront partielles, la compétitivité du corridor continuera de reposer davantage sur la résilience quotidienne des transporteurs que sur la fluidité promise par les textes.


Sources : CNCC, SYCODAF-Tchad, forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA (mai 2026), Code communautaire de la route CEMAC (2001), presse camerounaise et tchadienne (juin 2026).


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