Afrique du Sud : Transnet engage 8,9 milliards de rands sur la ligne du minerai de fer et s’allie à Wabtec pour relancer le fret ferroviaire
L’Afrique du Sud accélère le sauvetage de son fret ferroviaire. Sur la ligne d’exportation de minerai de fer reliant Sishen, dans le Cap-du-Nord, au port de Saldanha, l’opérateur public Transnet a achevé le 16 octobre un arrêt technique de dix jours, première étape d’un programme de modernisation de 8,9 milliards de rands courant jusqu’en 2030, détaillé lundi par Railway Gazette. En parallèle, sa branche Transnet Engineering a signé avec l’américain Wabtec un contrat de maintenance de locomotives d’environ 400 millions de dollars.
Une ligne de 50 ans à remettre à niveau
Ouverte en 1976, la ligne lourde de 861 kilomètres achemine le minerai de fer et le manganèse des mines du Cap-du-Nord vers la baie de Saldanha. Elle a transporté 52,8 millions de tonnes de minerai de fer en 2025-2026, contre 50,6 millions l’année précédente. Sa capacité autorisée est de 60 millions de tonnes par an, et Transnet demande à la porter à 67 millions.
Lors de l’arrêt annuel, du 6 au 16 octobre, les équipes ont remplacé des rails et des traverses, criblé le ballast, renouvelé des aiguillages, réhabilité la plateforme, posé des buses et entretenu la signalisation et l’alimentation électrique. Selon le ministère des Transports, l’opération a créé environ 1 300 emplois temporaires et plus de 600 opportunités indirectes.
Comment le programme est financé
- 3,4 milliards de rands alloués par le Budget Facility for Infrastructure sur deux exercices
- Environ 2,2 milliards de rands investis cette année par le gestionnaire d’infrastructure TRIM, dont 1,5 milliard issus de cette enveloppe
- 1,47 milliard de rands pour l’entretien des wagons et locomotives cette année, un montant similaire prévu l’an prochain
- Environ 750 millions de rands pour moderniser l’alimentation électrique du port de Saldanha et y faire fonctionner un troisième culbuteur de wagons
La ministre des Transports, Barbara Creecy, a résumé la logique lors d’une visite sur le site : on ne peut pas attirer davantage de volumes sur le rail sans investir dans l’infrastructure qui doit les porter. Le gouvernement veut ouvrir le réseau à des opérateurs ferroviaires privés tout en gardant les voies dans le giron public.
Wabtec au chevet des locomotives
Le second volet concerne le matériel roulant. Le 15 octobre, à l’usine de Koedoespoort à Pretoria, Transnet Engineering et la filiale sud-africaine de Wabtec ont signé un accord de soutien matériel et technique à long terme pour les locomotives des séries 43D et 44D, d’une valeur d’environ 6,6 milliards de rands. Wabtec fournira pièces, expertise et outils de maintenance prédictive, dont une plateforme numérique de suivi de l’état des machines capable d’anticiper les pannes. L’accord prévoit aussi transfert de compétences et localisation industrielle.
L’objectif de 250 millions de tonnes
L’enjeu est national. Selon l’Agence Ecofin, le fret ferroviaire sud-africain est tombé à 152 millions de tonnes en 2023-2024, contre environ 226 millions en 2017-2018, victime du sous-investissement, du manque d’équipements, des vols de câbles et de défaillances de gouvernance. Faute de trains fiables, des exportateurs, notamment de chrome, ont basculé vers la route, ce qui alourdit les coûts et use le réseau routier. Pretoria vise 250 millions de tonnes d’ici la fin de la décennie.
Les miniers suivent le dossier de près : la croissance de la production de minerai de fer dépend directement de la remise en état du rail. Reste à transformer ces investissements en gains durables de disponibilité et de régularité.
Sources : Railway Gazette International ; SAnews ; Agence Ecofin ; Miningmx.
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