Nigeria : premier cas d’Ebola confirmé à Abuja depuis 2014, 44 contacts sous surveillance
Le Nigeria a confirmé mardi 20 octobre 2026 son premier cas d’Ebola depuis 2014. La patiente, une femme arrivée d’Ouganda par un vol international, est soignée en isolement dans un hôpital privé d’Abuja, a annoncé le ministre de la Santé, Muhammad Ali Pate. Les autorités ont identifié 44 contacts proches. Le pays le plus peuplé d’Afrique rejoint ainsi la liste des États touchés par l’épidémie partie de la République démocratique du Congo.
Une patiente hospitalisée depuis le 11 octobre
Selon Al Jazeera, la patiente a commencé à présenter des symptômes le 7 octobre et a été admise le 11 octobre dans une clinique privée de la capitale fédérale. Ce n’est qu’après des analyses de laboratoire que le diagnostic a été confirmé. Ce délai de plusieurs jours entre l’apparition des symptômes et la confirmation explique l’importance accordée au traçage des personnes qui ont pu être en contact avec elle.
Son itinéraire fait débat. Les autorités ougandaises affirment qu’elle n’a fait que transiter par l’Ouganda, dans le cadre d’un voyage d’affaires en RDC. Le ministère nigérian de la Santé a lui-même souligné qu’un passage par l’Ouganda ne permettait pas d’établir que la contamination y avait eu lieu.
Abuja active son dispositif d’urgence
Le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC) a activé son système de gestion des incidents sanitaires, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé et les autorités locales. Les mesures portent sur :
- le suivi des 44 contacts identifiés ;
- la détection précoce, l’isolement et l’orientation des cas suspects ;
- le diagnostic en laboratoire ;
- le renforcement de la prévention des infections et la protection des soignants ;
- la communication sur les risques auprès de la population.
« Nous faisons tout notre possible pour contenir ce cas », a assuré le ministre Pate. Le pays s’était doté dès juin d’une task force dédiée à Ebola. En 2014, le Nigeria avait déjà affronté une flambée importée, qui avait touché 19 personnes et fait 7 morts avant d’être maîtrisée, rappelle RFI. Les autorités veulent à tout prix éviter un scénario similaire. L’OMS, de son côté, ne recommande aucune restriction de voyage ou de commerce et insiste sur la détection précoce et le traçage des contacts.
Une épidémie régionale hors norme
Le cas nigérian s’inscrit dans une crise d’ampleur inédite. En RDC, les autorités sanitaires recensaient au 19 octobre 9 455 cas confirmés et 4 561 décès depuis mai, l’épidémie ayant gagné une huitième province. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies la considère comme la deuxième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée.
Le Kenya a confirmé mardi son neuvième cas, un jeune homme de 24 ans déjà en quarantaine, proche parent du premier patient décédé à Nairobi le 5 octobre. Selon les autorités kenyanes, les neuf cas appartiennent à un même foyer, et 134 des 135 contacts ont été retrouvés et placés en quarantaine. L’Ouganda avait signalé des cas avant d’être déclaré exempt du virus.
La souche Bundibugyo, sans vaccin homologué
La difficulté tient à la nature du virus. L’épidémie est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, ce qui complique considérablement le confinement. Le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a parlé d’une menace « extrêmement sérieuse » pour le continent.
Pour le Nigeria, plaque tournante du transport aérien en Afrique de l’Ouest, les prochains jours seront décisifs : l’apparition ou non de cas secondaires parmi les contacts dira si la chaîne de transmission a pu être stoppée à temps. Les pays voisins, dont le Cameroun, le Bénin et le Niger, suivront la situation avec une attention particulière.
Sources : Al Jazeera ; NPR (AP) ; Newsweek ; Newscord (synthèse de 18 médias) ; RFI via allAfrica ; The Rio Times.
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