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Politique

Cameroun : un remaniement militaire mené depuis l’étranger relance les interrogations sur la gouvernance

Le 3 août 2026, depuis Genève où il séjourne depuis près de deux mois, le président camerounais Paul Biya a signé plusieurs décrets réorganisant en profondeur le haut commandement des Forces armées camerounaises. Parti pour ce que la présidence avait initialement présenté comme un « court séjour privé en Europe » le 7 juin, le chef de l’État, âgé de 93 ans, n’est plus apparu publiquement depuis près de deux mois.

Ce que contiennent les décrets

Cinq colonels ont été promus au grade de général de brigade. Fait marquant : le colonel Raymond Jean Charles Beko’o Abondo, commandant de la Garde présidentielle depuis treize ans, devient le premier officier à porter le grade de général à la tête de cette unité d’élite depuis sa création en 1985. Le général de division Ebaka Hippolyte a par ailleurs été nommé major général de l’état-major des armées, et six nouveaux commandants territoriaux ont pris leurs fonctions dans quatre des cinq régions militaires interarmées du pays, dont l’Extrême-Nord, zone d’opérations contre Boko Haram.

Une lecture politique inévitable

Ces nominations interviennent alors que les questions sur l’état de santé et le calendrier de retour du président se multiplient dans l’opinion publique camerounaise. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole René Emmanuel Sadi, a tenu à rassurer sur la continuité de l’État, sans toutefois communiquer de date de retour précise. De son côté, l’opposition et une partie de la société civile s’interrogent sur la transparence de décisions aussi structurantes pour l’appareil sécuritaire, prises en l’absence physique du chef des armées.

Un contexte régional sensible

Le Cameroun n’est pas le seul pays du continent où la question de la continuité au sommet de l’État alimente le débat public en 2026. Le think tank sud-africain ISS Africa rappelle que les cycles électoraux et les tensions institutionnelles constituent, cette année, l’une des cinq grandes forces susceptibles de façonner la trajectoire politique du continent.

Ce qu’il faut retenir

  • Paul Biya gouverne actuellement depuis l’étranger, une situation inédite par sa durée
  • Le remaniement touche des postes clés de sécurité, dont la Garde présidentielle
  • Le gouvernement assure la continuité de l’État sans lever toutes les zones d’ombre
  • La question de la transparence institutionnelle reste au cœur des débats

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