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Afrique de l’Ouest : le coût du transport de conteneurs sur l’axe Abidjan-Bamako a bondi de 18 % en trois ans

Drapeau du Mali

La fluidité des corridors commerciaux ouest-africains continue de se dégrader. Selon des estimations récentes, le coût moyen du transport d’un conteneur entre Abidjan et Bamako a augmenté de près de 18 % entre 2023 et 2026, sous l’effet de la multiplication des points de friction logistique le long du trajet.

À la frontière entre le Mali et le Sénégal, il n’est pas rare qu’un camion chargé de marchandises attende jusqu’à 72 heures avant d’être autorisé à passer, lorsqu’il ne rebrousse pas simplement chemin, découragé par la multiplication des frais informels. Ce constat illustre les limites persistantes du Tarif extérieur commun de la CEDEAO, censé harmoniser les droits appliqués aux marchandises, mais qui ne parvient pas à effacer les barrières non tarifaires : postes de contrôle illégaux, exigences documentaires disparates d’un pays à l’autre et corruption endémique aux frontières.

Des corridors sous tension malgré les cadres régionaux

Les corridors officiels les plus fréquentés de la sous-région — Dakar-Bamako, Abidjan-Ouagadougou-Niamey, Lomé-Ouagadougou et l’axe côtier Abidjan-Lagos — font pourtant l’objet de programmes d’amélioration coordonnés par la CEDEAO et ses partenaires internationaux. Mais sur le terrain, les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du commerce transfrontalier informel, restent les premières victimes de cette inflation logistique, qui renchérit mécaniquement le prix final des produits de première nécessité dans les pays enclavés comme le Mali ou le Burkina Faso.

Pour les opérateurs du secteur, la fluidification de ces corridors constitue un préalable indispensable à la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont les gains attendus reposent en grande partie sur la réduction des coûts logistiques plutôt que sur la seule suppression des droits de douane.


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