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Logistique

Chaîne d’approvisionnement : la RDC devient le 2e fournisseur de cuivre des États-Unis, devant le Canada

Raffinerie de cuivre de Luilu, près de Kolwezi, RDC

En juillet 2026, les États-Unis ont importé 225 094 tonnes de cuivre raffiné et d’alliages, un record mensuel qui traduit une accélération spectaculaire de la demande américaine. Mais derrière ce chiffre brut, une autre tendance mérite l’attention des logisticiens et des décideurs africains : la République démocratique du Congo s’est hissée au deuxième rang des fournisseurs de cuivre des États-Unis, avec environ un quart des volumes importés ce mois-là, devançant désormais le Canada et le Pérou.

Une percée qui confirme une stratégie assumée

Le Chili reste, et de loin, le premier fournisseur des États-Unis, avec environ 46 % des parts de marché sur ce segment. Mais la progression de la RDC, qui talonne désormais des acteurs historiques comme le Canada, confirme la stratégie de diversification commerciale engagée par Kinshasa depuis 2025. Le pays, déjà premier producteur africain de cuivre et principal fournisseur mondial de cobalt, cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance à certains partenaires traditionnels en élargissant ses débouchés, notamment vers l’Amérique du Nord.

Cette montée en puissance repose largement sur le bassin minier du Katanga, autour de Kolwezi et Lubumbashi, où opèrent des géants comme Zijin Mining ou Glencore aux côtés de la société publique Gécamines. Le complexe de Kolwezi à lui seul dépasse les 120 000 tonnes de capacité annuelle de production de cuivre, un volume appelé à croître avec les extensions en cours.

Le défi reste celui du corridor logistique

Mais produire davantage ne suffit pas : encore faut-il acheminer ce cuivre jusqu’aux ports d’exportation dans des conditions compétitives. Or l’enclavement du Katanga reste un talon d’Achille pour la chaîne d’approvisionnement congolaise, tiraillée entre la route historique vers le port sud-africain de Durban, le corridor vers Dar es-Salaam en Tanzanie, et le corridor de Lobito, en Angola, largement modernisé ces dernières années avec un appui international pour offrir un accès direct à l’Atlantique.

Pour les acteurs de la logistique minière en Afrique centrale, cette percée américaine illustre une évolution de fond : les minerais critiques congolais ne sont plus seulement une matière première brute destinée à la transformation chinoise, mais un enjeu géoéconomique disputé entre grandes puissances. Cela ouvre des opportunités réelles pour les transporteurs, transitaires et gestionnaires d’entrepôts de la région, à condition que les investissements dans les corridors terrestres et portuaires suivent le rythme de la demande.


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