Aviation : Boeing prévoit 1 165 avions neufs pour l’Afrique d’ici 2045

Le chiffre donne la mesure du bouleversement annoncé : 1 165 avions neufs pourraient être livrés aux compagnies africaines au cours des vingt prochaines années, selon les nouvelles perspectives 2026-2045 publiées par Boeing. Derrière cette projection, l’avionneur américain voit émerger un marché porté par la démographie, l’urbanisation accélérée et surtout l’essor des liaisons régionales et intérieures sur le continent.
Le monocouloir, moteur de la croissance
Les avions monocouloirs représenteront 870 des 1 165 appareils attendus, soit environ 75 % des livraisons. Autrement dit, l’essentiel de la croissance à venir ne viendra pas des long-courriers intercontinentaux, mais de la multiplication des lignes régionales et de proximité, sur des marchés encore largement sous-desservis. Boeing table sur une progression du trafic passagers africain de 6,5 % par an jusqu’en 2045, un rythme supérieur à la moyenne mondiale.
Le mouvement devrait être plus spectaculaire encore sur l’axe Afrique-Moyen-Orient, avec une croissance annuelle projetée à 7,1 %, contre seulement 3,4 % pour les liaisons vers l’Europe. Ce basculement traduit une recomposition progressive des flux aériens du continent, de plus en plus tournés vers les hubs du Golfe et moins dépendants des routes historiques vers les anciennes puissances coloniales.
Un défi d’infrastructures autant que de flotte
Pour l’Afrique centrale, l’enjeu ne sera pas seulement de recevoir de nouveaux appareils, mais de ne pas rester à l’écart de cette révolution du transport aérien intra-africain. Les compagnies de la sous-région, souvent fragilisées financièrement, devront choisir entre investir massivement dans le renouvellement de leur flotte ou céder progressivement le terrain à des transporteurs mieux capitalisés, qu’ils soient panafricains ou originaires du Golfe.
Cette annonce intervient alors que plusieurs compagnies occidentales, comme Air France, ont au contraire réduit leur présence dans certaines zones du Sahel pour des raisons sécuritaires, laissant un vide que les acteurs régionaux peinent encore à combler faute de flotte adaptée et de financement. Le pari de Boeing suppose donc, en creux, que les infrastructures aéroportuaires, la formation des pilotes et des techniciens, ainsi que les capacités de maintenance sur le continent suivront un rythme au moins équivalent à celui des livraisons d’appareils, sans quoi la croissance annoncée restera largement virtuelle pour de nombreux marchés africains.
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