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Économie

CEMAC : anciennes pièces démonétisées au 1er novembre et budgets 2027 sous surveillance

À partir du 1er novembre 2026, cinq anciennes gammes de pièces de monnaie n’auront plus cours légal au Cameroun, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Tchad et en Centrafrique. Cette décision, prise le 7 octobre à N’Djamena par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), s’accompagne d’un appel ferme aux États à adopter des budgets 2027 prudents, selon les comptes rendus publiés ces derniers jours et repris lundi 12 octobre par la presse régionale.

Quelles pièces sont concernées ?

Sur proposition du Conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), réuni le 5 octobre dans la capitale tchadienne, les ministres ont décidé de démonétiser les pièces des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. Point important pour les ménages et les commerçants : la mesure vise des séries d’émission et non des valeurs faciales. Il faut donc vérifier l’année de la pièce, et pas seulement son montant. Les pièces de la gamme 2006 ne sont pas concernées, précise Investir au Cameroun.

Les détenteurs disposeront d’une période d’un an pour échanger ces pièces, selon le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui. D’après la presse camerounaise, neuf mois de cette période se dérouleront auprès des banques commerciales. Les guichets habilités et le calendrier détaillé doivent encore être annoncés.

Lutter contre la pénurie de monnaie métallique

La BEAC justifie cette opération par la volonté de simplifier un parc fiduciaire composé de pièces anciennes, usées et disparates. Elle accompagne la montée en puissance de la nouvelle gamme « type 2024 », lancée à Bangui le 2 avril 2025, qui compte neuf valeurs de 1 à 500 FCFA, dont une nouvelle pièce de 200 FCFA.

L’institution d’émission entend aussi s’attaquer à la pénurie chronique de petite monnaie, attribuée en partie à des réseaux qui collectent les anciennes pièces pour en exporter le métal, notamment vers l’Asie. La composition métallique des nouvelles pièces a été modifiée pour décourager ces trafics. La BEAC prévoit d’injecter 500 millions de pièces par an, pour atteindre trois milliards d’unités en circulation d’ici 2030.

Des budgets 2027 sous contrainte

Au-delà de la monnaie métallique, le Comité ministériel a adressé un message clair aux gouvernements. Selon Tchadinfos, il recommande que les lois de finances 2027 soient compatibles avec les objectifs de soutenabilité de la dette et de consolidation de la position extérieure de la monnaie commune. Les ministres demandent également de poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues de la rencontre BEAC-FMI du 8 septembre à Washington, condition pour débloquer les assurances régionales, et d’œuvrer à la conclusion de nouveaux programmes avec le FMI.

Ce rappel intervient alors que la BEAC a maintenu son taux directeur à 4,5 %, pour une croissance régionale estimée à environ 3 % en 2026, selon le récapitulatif régional publié par Impact.sn. Il coïncide aussi avec l’ouverture, ce lundi à Bangkok, des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, où la dette des pays en développement figure en tête de l’agenda.

Ce qu’il faut retenir

  • 1er novembre 2026 : fin du cours légal des pièces des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 ;
  • Un an pour les échanger, modalités pratiques à préciser ;
  • Les États invités à des budgets 2027 compatibles avec la soutenabilité de la dette.

Sources : Investir au Cameroun, Tchadinfos, allAfrica / revue de presse RFI, Camer.be, Impact.sn.


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