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Mali : les stocks de gasoil de Kayes rebondissent, le corridor Dakar-Bamako sous tension

Les stocks de gasoil de la région de Kayes, porte d’entrée du Mali sur le corridor Dakar-Bamako, ont bondi de près de 38 % en une semaine, selon les chiffres présentés jeudi 15 octobre 2026 par la Direction régionale du commerce. Une embellie qui témoigne de la reprise des arrivées de camions-citernes, toujours escortés par l’armée, sur une route d’approvisionnement devenue stratégique pour un pays enclavé sous pression jihadiste.

Kayes reconstitue ses réserves

Selon le directeur régional du commerce, Robo Bayo, qui s’exprimait lors de la réunion hebdomadaire du comité de gestion des crises lié au carburant, les stocks de gasoil sont passés de 299 152 à 412 343 litres, soit 113 191 litres supplémentaires. De nouvelles citernes sont arrivées le jour même. Cette hausse fait suite à une chute de près de 40 % la semaine précédente, lorsque les réserves étaient tombées de 496 125 à 299 152 litres.

À l’inverse, les stocks d’essence ont reculé de 32,68 % sur la semaine, de 2,807 à 1,890 millions de litres. Les volumes restent néanmoins au-dessus du seuil d’alerte et les prix à la pompe sont restés stables, selon l’administration régionale.

Des convois géants vers Bamako

À l’échelle nationale, l’acheminement se fait par convois escortés. Un convoi de 957 camions-citernes est arrivé à Bamako le samedi 10 octobre, après un autre de 643 véhicules le 3 octobre. Depuis début septembre, 5 396 citernes ont ainsi rejoint la capitale, selon la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence citée par l’agence APA. Un bilan ministériel distinct fait état de 975 citernes, transportant plus de 44,1 millions de litres, enregistrées entre le 27 septembre et le 8 octobre.

Ce dispositif répond au blocus décrété par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) début septembre 2025 contre les importations de carburant. Les convois sont escortés par l’armée malienne depuis novembre 2025, selon l’Institut d’études de sécurité (ISS). Fin janvier, un convoi avait été attaqué entre Diboli et Kayes avant l’intervention de son escorte.

La route sud sous tension

La logistique reste fragile. Dans une tribune publiée le 15 octobre par Financial Afrik, le dirigeant d’entreprise Amara Dramé souligne que, depuis la fermeture de la route de Kidira, le fret quittant le port de Dakar pour le Mali transite par Kédougou et le poste frontière de Moussala. Il y décrit des files d’attente de camions qui s’allongent, un manque de véhicules et une usure accélérée du réseau routier malien.

Le tronçon Kayes-Diboli, long de 96,5 kilomètres et partie intégrante de l’axe nord Bamako-Dakar, figure parmi les projets de réhabilitation déclarés d’utilité publique par le gouvernement malien en 2026.

Un enjeu régional

Pays enclavé, le Mali dépend des ports côtiers voisins, dont celui de Dakar, pour une large part de ses importations, à commencer par le carburant. Toute rupture sur ces corridors se répercute rapidement sur les prix et l’activité économique. Les services du commerce, les douanes, les opérateurs pétroliers et les forces de sécurité assurent un suivi conjoint des flux. La stabilité des stocks dans les semaines à venir dépendra autant de la sécurité des convois que de la capacité des routes à absorber un trafic toujours plus dense.

Sources : APA News ; Notre Afrik ; Financial Afrik ; Bamada.net ; AllAfrica.

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