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Niger : ultimatum de 45 jours aux pétroliers chinois pour rapatrier 3 000 milliards de FCFA

Le Niger a mis en demeure les trois sociétés pétrolières chinoises qui exploitent et transportent son brut, CNPC, WAPCO et SORAZ, en leur accordant 45 jours pour respecter leurs engagements. Niamey réclame notamment le rapatriement de quelque 3 000 milliards de francs CFA de recettes d’exportation. L’ultimatum, signifié cette semaine par le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, intervient cinq mois après la signature d’un accord censé apaiser les relations.

Un ultimatum de 45 jours

Président du comité nigérien de négociation sur le pétrole, Bakary Yaou Sangaré a reçu les dirigeants de la China National Petroleum Corporation (CNPC), de la West African Oil Pipeline Company (WAPCO), qui gère l’oléoduc d’exportation, et de la Société de raffinage de Zinder (SORAZ). Selon le Journal du Niger, la mise en demeure a été formalisée le 14 octobre 2026. Au terme du délai, le gouvernement devra choisir entre la poursuite du dialogue et des sanctions, dont la nature n’a pas été précisée. Niamey affirme néanmoins vouloir préserver le partenariat.

Des recettes logées à Paris et Hong Kong

Le grief principal porte sur l’argent du pétrole. Selon le ministre, environ 3 000 milliards de francs CFA, soit près de 4,57 milliards d’euros, n’ont pas été rapatriés au Niger par la CNPC depuis le début des exportations de brut, il y a environ deux ans et demi. Les sociétés détiendraient des comptes à l’étranger, notamment à Paris et à Hong Kong. Le manque à gagner pour le Trésor public est évalué à quelque 17 milliards de francs CFA, soit environ 26 millions d’euros.

Les compagnies invoqueraient des exemptions contractuelles aux règles de rapatriement des devises de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), une lecture que Niamey rejette.

La « nigérisation » au point mort

Les autorités nigériennes reprochent aussi aux partenaires chinois de freiner l’accès des nationaux aux postes qualifiés. Les plans de nationalisation des effectifs attendus n’ont pas été remis, les recrutements n’ont pas commencé et les audits des ressources humaines n’ont pas été lancés. Niamey demande également le détail des contrats de sous-traitance locale et met en doute la certification des réserves.

Sur le plan industriel, la raffinerie de Zinder tournerait à environ 75 % de ses capacités, alors que le pays connaît des tensions sur l’approvisionnement en carburant.

Un accord de mai déjà fragilisé

En mai 2026, après un an de discussions, Niamey et les sociétés chinoises avaient signé un protocole de partenariat mettant fin à un bras de fer. Les autorités avaient alors annoncé, le 18 mai, une révision des contrats promettant un meilleur ancrage local, un contrôle accru des opérateurs et un partage plus équitable de la valeur du brut.

Pour la junte au pouvoir, qui a fait de la souveraineté sur les ressources naturelles un axe central de sa politique, l’enjeu est budgétaire autant que politique : le pétrole, exporté via l’oléoduc vers le Bénin, est devenu une source majeure de devises. Le rapport de force avec des groupes chinois qui contrôlent à la fois la production, le transport et le raffinage sera scruté par les autres pays producteurs de la région. Les 45 prochains jours diront si les engagements de mai se traduisent en actes ou si la crise reprend.

Sources : RFI via AllAfrica ; Journal du Niger ; La Nouvelle Tribune ; AllAfrica / LSI Africa.

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