Cameroun : 139,2 milliards FCFA de la BID pour réhabiliter l’axe Douala-Bafoussam, artère vitale du commerce vers l’Ouest
Le ministre camerounais de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et le président de la Banque islamique de développement (BID), Muhammad Sulaiman Al Jasser, ont signé mardi 13 octobre 2026 à Bangkok, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, un accord de financement de 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards FCFA. Il doit permettre de réhabiliter la route nationale n°5 entre Douala et Bafoussam, l’un des corridors routiers les plus fréquentés du pays.
Près de 219 km découpés en trois lots
Le Projet de réhabilitation de la route Douala-Bafoussam (PRRDB) porte sur l’axe principal reliant l’échangeur de Bekoko, à la sortie de Douala, à l’échangeur de Bandjoun, aux portes de Bafoussam. Selon Investir au Cameroun, le linéaire total atteint 218,9 km, répartis en trois lots :
- Bekoko – Penja : 70 km ;
- Penja – pont du Nkam : 77,7 km ;
- pont du Nkam – Bandjoun : 71,2 km.
Le projet prévoit aussi, d’après le ministère de l’Économie (Minepat), le passage en 2×2 voies d’environ 5 km de la pénétrante Ouest de Douala, le traitement des points critiques, ainsi que des aménagements complémentaires : bitumage d’environ 30 km de contournements de Bafoussam, de la route Bafang-Nkondjock (54 km) et de l’axe Loum-Tombel-Kumba (35 km), auxquels s’ajoutent des infrastructures socio-économiques le long du tracé.
Un prêt sur 20 ans, des conditions encore floues
Le financement prend la forme d’un accord de vente à tempérament, autorisé par un décret présidentiel du 2 octobre 2026. Le conseil d’administration de la BID l’avait approuvé en mai 2025 à Alger. Investir au Cameroun précise que le prêt court sur 20 ans, dont cinq ans de différé, et que le coût total du projet est estimé à 229,93 millions d’euros (150,82 milliards FCFA). La BID en couvre plus de 92 %, l’État camerounais apportant environ 11,5 milliards FCFA de contrepartie.
Le même média relève toutefois que le taux, les commissions, le profil d’amortissement et le calendrier de décaissement n’ont pas été rendus publics, ce qui empêche d’évaluer précisément la charge annuelle pour le budget de l’État.
Un enjeu logistique pour l’Ouest et l’arrière-pays
La RN5 relie le premier port du pays aux bassins agricoles de l’Ouest et du Littoral. Le Minepat met en avant plusieurs objectifs : fluidifier la circulation, améliorer la sécurité routière, réduire les contraintes du transport des personnes et des marchandises, acheminer plus facilement les produits agricoles vers les grands centres de consommation et renforcer les échanges avec les pays voisins.
Pour les transporteurs comme pour les commerçants, l’état dégradé de cet axe se traduit par des temps de parcours allongés, une usure accélérée des véhicules et des surcoûts répercutés sur les prix. Le volet Loum-Tombel-Kumba intéresse en outre la desserte du Sud-Ouest, tandis que la route Bafang-Nkondjock doit désenclaver des zones de production.
Et maintenant ? Des travaux attendus courant 2027
La BID avait autorisé dès juillet 2025 la passation anticipée des marchés, et les rapports de sélection des entreprises lui ont été transmis début septembre 2026 pour validation. Une fois les contrats attribués, les travaux sont prévus sur 48 mois pour les deux premiers lots et 42 mois pour le troisième. Plusieurs médias camerounais évoquent un démarrage envisagé au premier trimestre 2027.
Le projet s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Lors de la signature, le ministre a exprimé la gratitude du gouvernement envers la BID pour ce nouveau concours. Reste à transformer l’accord en chantier, sur un axe dont la réhabilitation est réclamée depuis des années par les usagers.
Sources : Minepat ; Investir au Cameroun ; Agence Ecofin ; News du Cameroun.
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