Cameroun : le retour de Paul Biya après 74 jours d’absence relance le débat sur la continuité de l’État
Paul Biya est rentré au Cameroun le 20 août 2026, sous une ferveur populaire soigneusement mise en scène par les autorités, après un séjour privé de 74 jours en Europe. Ce retour referme une parenthèse qui aura nourri, semaine après semaine, les spéculations les plus diverses sur l’état de santé du chef de l’État camerounais et sur la solidité des mécanismes de continuité de l’État en son absence. Le président de la République et son épouse, la première dame Chantal Biya, ont depuis multiplié les apparitions publiques, recevant notamment le 22 août au Palais de l’Unité l’équipe nationale féminine senior de football, récente championne d’Afrique.
Une absence qui a réactivé le débat sur la vice-présidence
Au-delà du soulagement affiché par les soutiens du régime, ce retour relance un débat de fond dans la classe politique et au sein de la société civile camerounaise : celui de la vice-présidence et, plus largement, des mécanismes constitutionnels censés garantir la continuité de l’État en cas d’empêchement présidentiel prolongé. Cette absence de plus de dix semaines, l’une des plus longues du long magistère de Paul Biya, a mis en lumière le flou persistant qui entoure ces dispositifs, dans un pays où la question de la succession reste un sujet aussi sensible que rarement abordé de façon frontale par les institutions.
Sur le plan sécuritaire, le chef des forces armées avait, avant son départ, signé début août trois décrets portant notamment nomination de cinq nouveaux généraux de brigade, un signal de continuité institutionnelle que les autorités ont mis en avant pour rassurer sur la marche des affaires de l’État durant l’absence présidentielle.
Un climat social sous tension
Ce retour présidentiel intervient dans un contexte social particulièrement chargé. Le pays est en effet secoué depuis plusieurs semaines par une vague de féminicides qui a suscité une indignation nationale, poussant plusieurs partis politiques à réclamer une réponse législative et judiciaire plus ferme. Le ministère de la Promotion de la femme et de la famille, la Commission des droits de l’homme du Cameroun et le Barreau préparent, selon plusieurs sources, une réponse coordonnée face à ce qui est désormais qualifié de crise sociétale par la société civile.
À moins de trois semaines de la rentrée scolaire, fixée au 7 septembre, le gouvernement a par ailleurs durci le contrôle de l’enseignement privé de base, un chantier administratif qui s’ajoute à un agenda déjà chargé pour l’exécutif camerounais en cette rentrée politique et sociale.
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