Chronique : la politique-spectacle, quand la querelle de personnes masque la mauvaise gouvernance
Pendant que les infrastructures s’effritent et que les services publics peinent à suivre, une partie de la classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le spectacle est permanent, les punchlines circulent, les clans se répondent en direct. Et pendant ce temps, les vrais sujets de gouvernance passent au second plan.
Ce n’est pas un hasard si les querelles de personnes génèrent davantage d’engagement que les dossiers de fond. L’indignation spectaculaire se partage plus facilement qu’une analyse budgétaire ou qu’un rapport sur l’état des routes. Le pouvoir en place n’a alors même plus besoin de se défendre : la scène est occupée ailleurs, par d’autres acteurs, sur d’autres terrains.
Cette dynamique n’est pas propre à un seul pays du continent. Partout où l’espace démocratique se rétrécit, la foire aux egos tend à remplacer le débat d’idées. Les citoyens, eux, restent souvent spectateurs d’un jeu qui ne répond pas à leurs préoccupations quotidiennes : accès à l’eau, à l’électricité, à l’emploi, à une éducation de qualité.
Reconstruire un débat public exigeant suppose de refuser cette diversion permanente. Cela passe par des médias qui documentent les faits plutôt que les punchlines, et par des citoyens qui exigent des comptes sur les résultats plutôt que sur les postures. Le sursaut, s’il doit venir, viendra de là.
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