Ebola au Kenya : sept cas confirmés, trois soignants contaminés après avoir traité le premier malade
Le Kenya a franchi un nouveau palier dans sa lutte contre Ebola. Samedi 17 octobre 2026, le ministère de la Santé a confirmé quatre nouveaux cas, dont trois soignants qui avaient pris en charge le premier patient dans un hôpital de Nairobi. Le pays compte désormais sept cas confirmés depuis le début du mois, d’une souche rare pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.
Premières contaminations de soignants
L’annonce a été faite dans un communiqué signé par le Dr Patrick Amoth, directeur général de la Santé. Parmi les quatre nouveaux malades figurent un proche parent du premier patient, placé en quarantaine depuis le 6 octobre, et trois membres du personnel soignant, deux hommes et une femme âgés de 29 à 35 ans. Ces derniers avaient soigné le patient zéro les 3 et 4 octobre et étaient en quarantaine depuis le 9 octobre, selon le site Kenyans.co.ke et l’agence AP.
Les quatre personnes ont d’abord présenté de la fièvre et ont été immédiatement isolées, a précisé le Dr Amoth, cité par l’agence Xinhua. Leurs prélèvements se sont révélés positifs dans deux laboratoires, le Laboratoire national de référence en virologie et l’Institut kenyan de recherche médicale (KEMRI). Ils reçoivent des soins dans des structures dédiées. Selon AP, les deux autres malades encore hospitalisés sont dans un état stable.
Une chaîne de transmission familiale et hospitalière
Tous les cas sont liés au premier patient, un Kenyan d’une quarantaine d’années qui avait vécu plusieurs années en République démocratique du Congo. Il est mort début octobre à Nairobi. Un deuxième cas, un homme de 39 ans de sa famille, avait été confirmé le 14 octobre, puis un troisième, une femme de 65 ans également apparentée, le 16 octobre.
Selon AP, 130 contacts ont été identifiés : 128 sont en quarantaine pour 21 jours, la durée maximale d’incubation du virus, et deux personnes étaient encore recherchées. Les personnes placées en quarantaine bénéficient d’un accompagnement psychosocial.
Pas de transmission communautaire, selon Nairobi
Les autorités se veulent rassurantes. Pour le Dr Amoth, « le risque pour la population générale reste faible », a-t-il assuré, selon AP, en soulignant l’absence de preuve de transmission communautaire. Le ministère estime que la mise en quarantaine précoce des proches et des soignants a permis de limiter la propagation, puisque tous les nouveaux malades étaient déjà isolés au moment de l’apparition des symptômes.
Les contrôles sanitaires ont été renforcés et une ligne d’urgence a été mise en place. Selon Xinhua, aucune restriction de voyage, de commerce ou de rassemblement n’a été décidée à ce stade.
La souche Bundibugyo, sans vaccin homologué
La contamination de soignants est un signal pris très au sérieux. Lors des précédentes épidémies, les hôpitaux ont souvent servi d’amplificateurs lorsque les mesures de protection étaient insuffisantes. La difficulté est accrue par la nature du virus en cause : il s’agit de la souche Bundibugyo, plus rare que la souche Zaire, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n’est homologué, rappelle AP.
Le foyer kenyan est lié à l’épidémie qui frappe la RDC voisine, où plus de 4 300 personnes sont mortes depuis mai, selon AP. Les prochaines semaines seront décisives : la surveillance des 128 contacts jusqu’à la fin de leur quarantaine, l’éventuelle apparition de nouveaux cas parmi le personnel hospitalier et le renforcement des contrôles aux frontières avec l’Ouganda diront si le Kenya parvient à contenir le virus.
Sources : AP via News4Jax ; Kenyans.co.ke ; Xinhua ; Yahoo News ; allAfrica (revue de presse).
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