Ebola : deuxième décès au Kenya, Africa CDC convoque les ministres africains de la Santé le 28 octobre
Le Kenya a annoncé vendredi 23 octobre un deuxième décès lié à Ebola : une femme de 65 ans, proche parente du premier patient décédé. Le pays compte désormais neuf cas confirmés de la souche Bundibugyo. Dans ce contexte, l’Agence de santé publique de l’Union africaine (Africa CDC) a convoqué une réunion virtuelle des ministres africains de la Santé pour le 28 octobre.
Un foyer encore circonscrit au Kenya
Selon le ministère kenyan de la Santé, la victime était en quarantaine en tant que contact direct du premier cas lorsqu’elle a développé des symptômes le 13 octobre. Admise le jour même dans une unité de maladies infectieuses, elle y a reçu des soins de soutien jusqu’à son décès. Elle était le troisième cas confirmé du pays. Le premier patient, un homme arrivé de la RDC, était mort dans un hôpital de Nairobi début octobre.
Les sept autres malades sont soignés dans deux centres d’isolement. Les autorités ont retracé 135 contacts, tous placés en quarantaine, et assurent que tous les cas appartiennent à un même groupe de personnes connues, sans « aucune preuve de transmission communautaire » à ce stade, selon Al Jazeera. Des équipes formées procèdent à une inhumation sécurisée et digne, en concertation avec la famille.
Quatre pays touchés, une première historique
L’épidémie, partie de la RDC où elle a été déclarée en mai, n’a jamais connu une telle extension géographique sur le continent. D’après l’Agence Ecofin, la RDC dépasse les 9 700 cas confirmés et 4 690 décès, principalement en Ituri, au Nord-Kivu et dans le Haut-Uélé. L’Ouganda est stable à 20 cas et deux décès. Le Nigeria a confirmé cette semaine son premier cas depuis 2014, une femme arrivée à Abuja en provenance d’Ouganda ; 44 contacts proches ont été identifiés. Selon le ministre nigérian de la Santé, le virus est étroitement apparenté à celui du premier cas kenyan.
La souche Bundibugyo complique la riposte : il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre elle. Le vaccin Ervebo, conçu contre la souche Zaïre, est utilisé dans le cadre d’un protocole de recherche, sans efficacité démontrée contre Bundibugyo. Un essai vaccinal, baptisé Tumaini, a démarré le 24 octobre à Bunia, dans l’Ituri.
Le coup de gueule de Jean Kaseya
Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a dénoncé le manque d’intérêt international pour les crises sanitaires africaines, estimant que si la souche avait frappé des pays occidentaux, « les vaccins seraient déjà disponibles ». Africa CDC travaille avec un fabricant africain basé en Égypte pour accélérer la recherche et a demandé des fonds d’urgence pour le Nigeria, la RDC et le Kenya. Vendredi, Jean Kaseya a été reçu à Bujumbura par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine ; un sommet des chefs d’État sur l’épidémie pourrait être organisé prochainement.
Ce qui va suivre
La réunion ministérielle du 28 octobre doit évaluer la situation, améliorer la coordination et accélérer l’appui aux pays touchés. En Afrique du Sud, qui n’a recensé aucun cas, le ministre de la Santé Aaron Motsoaledi a placé le système de santé en alerte et désigné 36 hôpitaux pour accueillir d’éventuels patients. Au Kenya, les autorités rappellent d’éviter tout contact avec le sang ou les fluides d’une personne malade et de consulter immédiatement en cas de fièvre, de faiblesse ou de saignements inexpliqués.
Sources : Al Jazeera ; Pulse Kenya ; Agence Ecofin ; The Rio Times ; allAfrica (Afrik.com) ; Anadolu.
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