La Chronique du Bantu : ce que la Zambie continue d’enseigner à l’Afrique sur l’alternance
Ce jeudi, pendant que des millions de Zambiens faisaient patiemment la queue devant les bureaux de vote, une question simple traversait le continent : combien de nos pays seraient capables d’organiser une élection dont l’issue reste réellement incertaine jusqu’au bout ? En 2021 déjà, la Zambie avait surpris en offrant à Hakainde Hichilema une victoire nette contre un pouvoir sortant, sans effusion de sang ni contestation prolongée. Ce jeudi, c’est ce même pouvoir devenu sortant qui se soumettait à son tour au verdict des urnes.
Il y a quelque chose de profondément rassurant, et pourtant encore trop rare sur notre continent, dans cette normalité démocratique zambienne. Pas de coup d’État annoncé, pas de report de dernière minute, pas de coupure d’internet pour étouffer la contestation. Simplement des électeurs, une commission, des bulletins et, dans quelques jours, un résultat que chacun s’engage à respecter.
À l’heure où plusieurs régions du continent oscillent encore entre transitions militaires prolongées et pouvoirs qui s’éternisent, la Zambie rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’alternance n’est pas un luxe importé, c’est une compétence politique que certains pays africains ont su construire, patiemment, contre vents et marées économiques. Puisse cet exemple continuer de voyager au-delà des frontières zambiennes.
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