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Politique

Libye : Tripoli convoque la diplomate américaine après les propos injurieux de Trump, l’Est et l’Ouest unis dans la protestation

Le ministère libyen des Affaires étrangères du gouvernement d’unité nationale (GUN) a convoqué, dimanche 25 octobre 2026 à Tripoli, la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis pour lui remettre une note de protestation officielle. En cause : des propos tenus la veille par Donald Trump lors d’un meeting électoral à Perry, en Géorgie, où il a dénigré la Libye, le Yémen, la Somalie et Haïti.

Des propos tenus en pleine campagne américaine

Samedi 24 octobre, le président américain s’en est pris à la politique migratoire de ses adversaires démocrates. Selon l’agence Reuters, reprise par Arab News, il a affirmé que la Libye était « infestée de terrorisme » et accusé le sénateur démocrate Jon Ossoff d’avoir soutenu un texte permettant l’arrivée d’immigrés de Libye, du Yémen, d’Haïti et de Somalie. Il a aussi rappelé avoir, lors de son premier mandat, qualifié ce type de pays en termes orduriers. Selon les médias cités par le site Madar, il les a décrits comme des « pays sales ».

Tripoli exige clarification et rectification

Dans sa note, la diplomatie du GUN demande des explications et une rectification. Elle affirme que la Libye, État souverain, rejette toute déclaration portant atteinte à la dignité de son peuple ou l’associant aux querelles électorales américaines. Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a, de son côté, assuré que la dignité libyenne ne deviendrait pas un objet de polémique électorale.

Le Conseil présidentiel a exprimé un rejet catégorique et annoncé qu’il poursuivrait l’affaire par les canaux diplomatiques jusqu’à l’obtention d’excuses explicites. Il a rappelé les traités d’amitié signés entre les deux pays en 1796 et 1805, parmi les plus anciens accords diplomatiques des États-Unis.

Une rare unanimité entre l’Est et l’Ouest

Fait notable dans un pays divisé depuis plus d’une décennie entre deux autorités rivales, l’indignation a traversé les lignes de fracture. Les administrations de l’Est et de l’Ouest ont toutes deux condamné les déclarations, rapporte Reuters. Le président de la Chambre des représentants, basée dans l’Est, a réclamé des excuses claires, tout en réaffirmant l’attachement de la Libye à des relations amicales avec Washington fondées sur le respect mutuel.

Trump nuance, sans s’excuser

Dimanche, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a tenté de calmer le jeu sans présenter d’excuses. Il a assuré que les États-Unis restaient attachés à leurs relations avec la Libye et décrit les Libyens comme un peuple fier, résilient et hospitalier. Il a aussi salué ceux qui ont combattu l’organisation État islamique, ennemi commun des deux pays. Mais il a maintenu sa ligne sur le fond : la Libye ne peut, selon lui, rester un couloir pour l’immigration illégale.

L’épisode illustre la place croissante de l’Afrique dans les débats migratoires américains, et la sensibilité des capitales concernées à une rhétorique perçue comme humiliante. À ce stade, aucune réaction officielle de la Somalie, du Yémen ou d’Haïti n’a été rapportée par les sources consultées. La suite dépendra de la réponse formelle de Washington à la note libyenne, que Tripoli dit attendre.

Sources : Arab News / Reuters ; Madar ; allAfrica.

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