Nigeria : la Fondation Dangote va offrir 15,5 millions d’actions de la raffinerie à près de 778 000 femmes vulnérables
La Fondation Aliko Dangote a annoncé dimanche 18 octobre 2026 que 777 907 femmes vulnérables réparties dans 15 États du Nigeria recevront au total 15,56 millions d’actions de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals. L’opération s’inscrit dans l’introduction en Bourse de la raffinerie, décrite comme la plus importante jamais réalisée sur le continent, dont la période de souscription court jusqu’au 27 octobre.
Vingt actions par bénéficiaire, financées à parts égales
Selon le communiqué signé par la directrice générale de la fondation, Zouera Youssoufou, et relayé par Premium Times, chaque bénéficiaire pourra recevoir 20 actions au prix indicatif de 525 nairas l’unité, soit 10 500 nairas par personne. Le mécanisme repose sur un cofinancement : l’État fédéré paie dix actions, la fondation en ajoute dix autres. Les femmes concernées n’ont rien à débourser.
Quinze États ont déjà pris un engagement ferme : Abia, Anambra, Borno, Ebonyi, Enugu, Gombe, Imo, Kebbi, Kwara, Lagos, Nasarawa, Niger, Plateau, Yobe et Zamfara. L’État de Gombe a été le premier à verser intégralement sa contribution. Plusieurs de ces régions, notamment dans le nord-est, sont durement touchées par l’insécurité.
Un objectif de deux millions de femmes
Ce premier contingent n’est qu’une étape. Annoncé fin septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le programme baptisé Women Share Subscription Grant Initiative vise à terme deux millions de femmes vulnérables dans les 36 États du pays et le territoire de la capitale fédérale, en particulier des veuves et des femmes affectées par les conflits. La fondation gère en parallèle un dispositif destiné aux étudiants, qui offre dix actions gratuites à chaque bénéficiaire éligible.
Une IPO de 1,6 milliard de dollars prolongée jusqu’au 27 octobre
L’introduction en Bourse de la raffinerie est valorisée à 1,6 milliard de dollars. Elle porte sur 4,1 milliards d’actions proposées à 525 nairas, avec une souscription minimale de dix titres et une option de surallocation de 30 % en cas de forte demande. Initialement prévue pour s’achever le 13 octobre, l’offre a été prolongée de deux semaines afin de permettre une participation plus large à travers l’Afrique. Un placement privé réalisé en juillet avait été sursouscrit à 270 %, et l’affluence du premier jour avait provoqué des interruptions de service sur les plateformes d’investissement Bamboo et Cowrywise.
Inclusion financière ou opération d’image ?
En faisant entrer des centaines de milliers de femmes au capital d’une entreprise de premier plan, l’initiative pourrait contribuer à diffuser la culture de l’épargne boursière dans un pays où l’actionnariat populaire reste limité. Les montants individuels demeurent toutefois modestes : une vingtaine d’actions ne constitue qu’un capital symbolique, dont la valeur dépendra de la performance future de la raffinerie et des dividendes qu’elle versera. La fondation présente ces titres comme une épargne de long terme. L’ampleur réelle du programme se mesurera au nombre d’États qui rejoindront le dispositif d’ici à la clôture de l’offre.
Sources : Premium Times via allAfrica ; Economic Confidential ; TVC News ; Agence Ecofin.
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