Kenya : l’économie croît de 5,1 % au deuxième trimestre malgré le baril au-dessus de 100 dollars
L’économie kenyane a mieux résisté que prévu au choc pétrolier. Selon les chiffres publiés vendredi 16 octobre 2026 à Nairobi par le Kenya National Bureau of Statistics (KNBS), le produit intérieur brut a progressé de 5,1 % sur un an au deuxième trimestre, contre 4,9 % à la même période de 2025, alors que le prix moyen du baril a dépassé les 100 dollars.
Une croissance qui tient malgré un pétrole hors de prix
Le contexte était pourtant défavorable. Avec les tensions au Moyen-Orient et la guerre impliquant l’Iran, le prix moyen du brut a atteint 104,45 dollars le baril au cours du trimestre, contre 67,44 dollars un an plus tôt, selon Capital FM. Pour un pays importateur net de produits pétroliers comme le Kenya, la hausse se répercute directement sur le transport, l’industrie et les prix alimentaires.
Le quotidien Business Daily résume la situation en notant que l’économie a encaissé sans fléchir la guerre en Iran et des précipitations inférieures à la moyenne. D’un trimestre sur l’autre, en données corrigées des variations saisonnières, l’activité a progressé de 1,2 %, selon Trading Economics.
L’énergie, le tourisme et le numérique en tête
La croissance a été tirée par les services et les infrastructures. Les secteurs les plus dynamiques ont été :
- l’électricité et l’eau : +7,7 % ;
- l’hébergement et la restauration : +7,4 %, signe de la bonne tenue du tourisme ;
- l’information et la communication : +7,2 % ;
- la finance et l’assurance : +6,1 % ;
- la construction : +6 %.
Le transport et l’entreposage ont accéléré, à +4,4 % contre +3,3 % un an plus tôt, malgré la hausse du prix des carburants.
L’agriculture, maillon faible
L’agriculture, qui fait vivre une large partie de la population, a ralenti à +3,5 %, contre +4 % un an plus tôt. Selon Capital FM et Trading Economics, le secteur a pâti de la fin précoce des longues pluies, qui a pénalisé certaines récoltes. Trading Economics signale en outre une révision à la baisse de la croissance du premier trimestre, ramenée à 5,1 %.
Ce ralentissement agricole est un point de vigilance : il touche directement les revenus ruraux et peut entretenir l’inflation alimentaire, au moment où les ménages subissent déjà la hausse des prix à la pompe.
Des fondamentaux sous surveillance
Le reste du tableau macroéconomique est contrasté. La Banque centrale du Kenya a maintenu son taux directeur à 8,75 % le 7 octobre, pour la quatrième fois d’affilée. L’inflation était de 6,8 % en septembre, dans la fourchette cible de 2,5 % à 7,5 %, mais près du plafond. Les réserves de change atteignent 14,93 milliards de dollars, soit 6,1 mois d’importations, et le shilling se maintient autour de 129,7 pour un dollar, selon les données compilées par Rio Times.
La dette reste le principal sujet d’inquiétude. Selon un rapport de l’agence danoise de crédit à l’exportation EIFO, repris par l’Agence Ecofin, le rendement des eurobonds kenyans a gagné 1,4 point depuis janvier, à 9,4 %. Nairobi figure parmi les pays qui emprunteraient à plus de 10 % sur les marchés internationaux si les taux américains montaient encore.
Pour l’ensemble de 2026, la Banque centrale table sur 5 % de croissance, la Banque mondiale sur 4,6 %. Les prochains chiffres d’inflation, attendus fin octobre, et l’évolution des cours du pétrole diront si l’élan se maintient au troisième trimestre.
Sources : Reuters via CNBC Africa ; Business Daily ; Capital FM ; Trading Economics ; Rio Times ; Agence Ecofin.
Discover more from Kompas Actu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
