Afrique du Sud : l’inflation grimpe à 4,5 % en septembre sous l’effet des carburants, moins que redouté
L’inflation annuelle en Afrique du Sud est passée de 4,4 % en août à 4,5 % en septembre 2026, a annoncé ce mercredi 21 octobre l’institut national de la statistique, Stats SA. La hausse, tirée par l’envolée des prix des carburants, reste toutefois inférieure aux prévisions : les économistes interrogés par Reuters attendaient 4,7 %, et d’autres analystes tablaient sur 4,6 %.
Le transport, principal moteur de la hausse
Sur un mois, les prix à la consommation ont progressé de 0,4 %. Mais c’est le poste transport qui préoccupe : il bondit de 10,8 % sur un an et contribue à lui seul pour 1,5 point de pourcentage à l’inflation globale, selon les chiffres repris par Nairametrics et IOL. Depuis janvier, le litre d’essence a augmenté de 6,13 rands et celui du diesel 500 ppm de 10,66 rands.
Cette flambée trouve son origine hors des frontières. L’Afrique du Sud importe l’essentiel de son carburant et reste donc très exposée aux variations des cours mondiaux, qui ont été bousculés par la guerre en Iran déclenchée fin février et par les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz.
L’alimentation, bonne nouvelle du mois
D’autres postes tempèrent le tableau. Les prix de l’alimentation et des boissons non alcoolisées n’augmentent que de 1,2 % sur un an et reculent même de 0,1 % sur un mois, un répit pour les ménages modestes. L’inflation des loyers ralentit de 4,1 % à 3,9 %, et celle des services de 5,1 % à 4,9 %.
Les principales composantes de l’indice en septembre :
- Transport : +10,8 % (contribution de 1,5 point) ;
- Logement et services publics : +5,2 % (contribution de 1,3 point) ;
- Assurances et services financiers : +5,4 % ;
- Santé : +3,2 % ;
- Alimentation et boissons non alcoolisées : +1,2 % ;
- Biens : +4,1 % (contre 3,3 % en août).
Pas d’effets de second tour, selon les économistes
Pour Johann Els, économiste du groupe financier PSG cité par IOL, les données montrent très peu de signes de contagion de la hausse des carburants aux autres prix, ce que les économistes appellent les « effets de second tour ». Il s’attend néanmoins à ce que l’inflation dépasse légèrement 5 % en octobre et novembre, avant de refluer à partir d’avril 2027 grâce aux effets de base. Selon lui, elle pourrait revenir autour de 3 %, voire moins, au second semestre 2027.
Ces projections seront suivies de près par la Banque centrale sud-africaine (SARB), dont les décisions de taux dépendent de l’évolution des prix. Un chiffre inférieur aux attentes, en pleine flambée des carburants, constitue un signal plutôt rassurant pour les autorités monétaires comme pour les ménages endettés.
Une économie sous pression extérieure
Ces chiffres tombent dans un contexte délicat pour la première économie industrialisée du continent. Le président Cyril Ramaphosa a appelé cette semaine le pays à se préparer à une possible exclusion de l’AGOA, l’accord commercial préférentiel avec les États-Unis, qui menacerait notamment l’automobile et l’agriculture. À cela s’ajoute la congestion du port de Durban, qui renchérit les coûts logistiques. Dans ce contexte, la maîtrise de l’inflation reste l’un des rares signaux encourageants pour le pouvoir d’achat des Sud-Africains.
Sources : CNBC Africa (Reuters) ; IOL ; Nairametrics ; Agence Ecofin ; allAfrica.
Discover more from Kompas Actu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
