Algérie : plus de 7 milliards de dollars pour les routes, le rail minier et le port d’Annaba en 2027
L’Algérie s’apprête à consacrer 980 milliards de dinars, soit environ 7,26 milliards de dollars, à son ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base en 2027. Présentée le 21 octobre devant la commission des finances de l’Assemblée populaire nationale (APN) par le ministre Abdelkader Djellaoui, cette enveloppe doit accélérer les grands chantiers logistiques du pays : rail minier, corridor transsaharien et port d’Annaba.
Une enveloppe tournée vers l’investissement
Selon l’Agence Ecofin, le projet de budget prévoit 322 milliards de dinars d’autorisations d’engagement, dont plus de 290 milliards destinés à l’investissement public et environ 31,6 milliards au fonctionnement. Il inclut 456 opérations nouvelles et la réévaluation de 14 projets existants. Le gouvernement propose aussi la création d’un Fonds national de réparation des dégâts causés par les intempéries, alimenté chaque année, pour faire face aux dégradations du réseau.
Les priorités affichées concernent l’entretien et le renforcement des routes et autoroutes, la construction ou la reconstruction d’ouvrages d’art et des interventions sur les infrastructures aéroportuaires. Le site Algérie360 évoque de son côté des chantiers routiers destinés à désengorger Alger et à désenclaver le Sud.
La ligne minière Est, colonne vertébrale du phosphate
Projet phare, la ligne ferroviaire minière Est doit relier les gisements de phosphate et de fer au littoral. Longue de 422 km en double voie électrifiée, elle vise une capacité d’environ 23 millions de tonnes par an. Son état d’avancement est contrasté :
- 174 km sont déjà en exploitation ;
- 127 km sont en achèvement et en phase d’essais ;
- 121 km sont encore en travaux.
La mise en service de certaines sections est annoncée pour 2027.
Alger–Tamanrasset : le long chemin vers le Sahel
Le corridor ferroviaire Nord-Sud, qui doit relier Alger à Tamanrasset, reste un chantier de longue haleine. Sur les 1 925 km détaillés par le ministère, 308 km sont en exploitation, 42 km en réalisation, 924 km en préparation et 651 km en phase d’appel d’offres. À terme, cette ligne doit rapprocher les ports algériens des frontières sahéliennes, un enjeu commercial autant que stratégique au moment où Alger renforce sa coopération avec le Niger.
Annaba, futur port minéralier
Au débouché de la ligne minière, le port d’Annaba doit être profondément transformé : dragage des bassins entre 16 et 27 mètres de profondeur, prolongement de la digue de 1 400 mètres, création d’une plateforme de 82 hectares et d’un nouveau quai minéralier de 1 600 mètres. Ces travaux conditionnent la capacité du pays à exporter massivement ses phosphates.
Reste la question de l’exécution. L’Agence Ecofin relève que la réalisation de ce programme dépendra de la mobilisation effective des fonds et du respect des calendriers, alors que l’avancement des chantiers demeure inégal. Le projet de loi de finances doit encore être débattu et adopté par le Parlement.
Sources : Agence Ecofin ; Algérie360 ; TSA Algérie.
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