Bénin : le port de Cotonou passe à l’enlèvement des marchandises 7 jours sur 7 pour résorber l’engorgement
Le port autonome de Cotonou (PAC) change de rythme. À compter du samedi 24 octobre 2026, l’ensemble des administrations et opérateurs intervenant dans l’enlèvement des marchandises travailleront en continu, y compris les samedis, dimanches et jours fériés. La mesure, annoncée le 22 octobre par le directeur général des Douanes béninoises, Raouf Malèhossou, vise à désengorger une plateforme sous tension.
Toute la chaîne mobilisée
Le dispositif concerne tous les maillons du passage portuaire : les Douanes, l’Union maritime de la communauté portuaire (UMCC), les manutentionnaires et consignataires, les services du PAC, la Direction de l’élevage et de la pêche, la structure d’inspection Bénin Control, ainsi que les banques et autres acteurs financiers. Selon les médias béninois Le Matinal, Bénin Web TV et La Nouvelle Tribune, l’objectif affiché est de supprimer les « ruptures de service » du week-end, qui provoquaient l’accumulation de marchandises dans l’enceinte portuaire.
Pour les commissionnaires en douane, transitaires et importateurs, les bénéfices attendus sont concrets : des délais d’attente réduits, une rotation plus rapide des navires et des conteneurs, et surtout moins de frais de magasinage et de surestaries, qui continuaient de courir pendant les fermetures de fin de semaine. Le site KOACI parle d’une avancée majeure pour les opérateurs. Le Matinal relève toutefois que les effets réels « restent à mesurer » et dépendront de la coordination entre public et privé.
Des plaintes répétées des déclarants
La décision intervient après plusieurs semaines de tensions. Fin septembre, l’Association des jeunes déclarants et mandataires en douane du Bénin (AJDMDB), présidée par Marouf Salami, avait adressé une lettre ouverte au président Romuald Wadagni. Elle y dénonçait des camions immobilisés plusieurs jours avant de pouvoir charger, des conteneurs dédouanés mais non positionnés par l’opérateur du terminal, avec des frais qui continuaient de s’accumuler, et une contribution routière contestée de 5 500 FCFA. L’association réclamait notamment la priorité aux camions déjà admis et le rétablissement d’un comité de suivi.
En parallèle, le PAC mise sur le numérique. Lors d’une rencontre avec la presse, Boris Sehlouan, chef du département des systèmes d’information du port, a présenté le Système intégré de gestion des opérations portuaires (SIGOP), qui doit permettre aux chauffeurs et commissionnaires de réserver un créneau de chargement confirmé avant de se présenter, afin d’étaler l’affluence, rapporte La Nouvelle Tribune.
Un port qui veut reconquérir le transit
L’enjeu est aussi régional. Selon l’Agence Ecofin, le trafic de Cotonou était tombé d’environ 12 à 9 millions de tonnes en 2024, en pleine crise diplomatique avec le Niger, principal client du transit. Le port a rebondi en 2025, avec plus de 5 millions de tonnes supplémentaires, et vise encore environ 2 millions de tonnes de plus en 2026. Mais la concurrence est rude : Lomé et Tema ont capté une large part du transit nigérien depuis 2023, et Abidjan a traité 46,6 millions de tonnes en 2025.
Le port investit quelque 500 milliards de FCFA dans ses infrastructures et ambitionne d’atteindre 25 millions de tonnes d’ici une dizaine d’années. Les premiers week-ends d’application diront si la fluidité promise est au rendez-vous pour les transporteurs béninois, nigériens et sahéliens.
Sources : Le Matinal, KOACI, Bénin Web TV, La Nouvelle Tribune, Agence Ecofin, Bénin Web TV (lettre de l’AJDMDB).
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