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Politique

Burkina Faso : huit ans après son abolition, la peine de mort rétablie à l’unanimité par le Parlement de transition

Le Burkina Faso a rétabli la peine de mort. Mardi 20 octobre 2026, les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple (ALP), le Parlement de transition, ont adopté à l’unanimité un nouveau Code pénal qui réintroduit la peine capitale, abolie en mai 2018. Le texte, défendu par le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, vise selon le gouvernement à renforcer l’ordre public et la lutte contre le terrorisme et la criminalité financière.

Les crimes passibles de la peine capitale

Selon les informations relayées par Madar, qui cite le quotidien en ligne Lefaso.net, la peine de mort s’appliquera à plusieurs catégories d’infractions :

  • plusieurs infractions liées au terrorisme ;
  • la trahison et l’espionnage ;
  • l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort, pour l’auteur comme pour le complice.

Le nouveau texte durcit aussi la répression de la délinquance financière : le détournement de deniers publics au-delà d’un certain montant sera passible de la réclusion à perpétuité, assortie d’une amende égale au triple des sommes détournées. Les sanctions contre les infractions routières sont également alourdies, le ministre ayant présenté les accidents de la route comme la première cause de mortalité dans le pays.

L’argument de la dissuasion

Devant les députés, le garde des Sceaux a centré sa défense sur la lutte contre les groupes armés. Selon lui, ces organisations recrutent en assurant aux candidats qu’ils « ne risquent pas gros » en cas d’arrestation. Le rétablissement de la peine capitale est donc présenté comme un outil de dissuasion, au même titre que le durcissement des sanctions contre la criminalité financière.

L’unanimité du vote traduit l’alignement de l’institution sur la ligne des autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce même Parlement a voté ces derniers jours une loi interdisant la privatisation d’une quinzaine d’entreprises publiques jugées stratégiques, dans l’énergie, l’or, les télécommunications, la défense et les infrastructures.

Un virage par rapport à 2018

Ce vote marque un retournement complet par rapport à la réforme de 2018, qui avait fait disparaître la peine capitale du Code pénal burkinabè. Huit ans plus tard, les autorités de transition estiment que le contexte sécuritaire justifie de revenir sur ce choix, alors que le pays reste confronté aux attaques de groupes armés, comme ses voisins du Sahel.

Le calendrier ne manque pas de symbolique : le vote intervient à la veille du 40e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, célébré ce 21 octobre. La question des garanties d’un procès équitable pour les personnes encourant désormais la peine capitale devrait être au cœur des débats à venir.

Et maintenant ?

Une fois promulgué, le nouveau Code pénal permettra aux juridictions de prononcer à nouveau des condamnations à mort pour les infractions visées. Reste à savoir comment il sera appliqué dans les procès liés au terrorisme et quelles réactions il suscitera chez les partenaires du Burkina Faso et les organisations de défense des droits humains.

Sources : Madar (citant Lefaso.net) ; allAfrica (revue de presse du 21 octobre) ; H24info ; Yeclo ; allAfrica (revue de presse du 20 octobre).

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