FMI : l’Afrique subsaharienne attendue à 4,5 % de croissance en 2026, l’Afrique du Sud bloquée à 1 %
Le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance de 4,5 % en Afrique subsaharienne en 2026 et en 2027, selon ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre, dévoilées en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok. La région fait nettement mieux que l’économie mondiale, attendue à 3,1 %, mais cette moyenne masque de profonds écarts, avec une Afrique du Sud limitée à 1 %.
Une révision à la hausse pour la région
La prévision régionale pour 2026 est relevée de 4,3 % à 4,5 % par rapport à la mise à jour de juillet, rapporte BusinessDay. Le FMI souligne néanmoins que ce chiffre global dissimule une divergence substantielle entre pays. Rapportée à la démographie, la croissance par habitant ne dépasserait guère 2 % en 2026, note Afrik.com.
Plusieurs économies d’Afrique de l’Est et de l’Ouest dépassent largement la moyenne. Selon les chiffres du FMI relayés par Afrik.com :
- Rwanda : 7,4 %
- Bénin : 7 %
- Ouganda : 6,2 % en 2026, puis 9,9 % en 2027
- Côte d’Ivoire et Tanzanie : 6 %
- RD Congo : 5,2 %
- Kenya : environ 4,5 %
- Nigeria : 4,2 % (puis 4,3 % en 2027)
- Afrique du Sud : 1 % (puis 1,3 % en 2027)
Nigeria en légère hausse, Afrique du Sud à la peine
Pour le Nigeria, la prévision 2026 gagne 0,1 point, à 4,2 %, grâce à une meilleure stabilité macroéconomique et à des termes de l’échange favorables, selon Nairametrics. Le FMI met toutefois en garde : la hausse des prix des produits essentiels risque d’aggraver la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Une responsable du département des études, Deniz Igan, a reconnu que la population souffre et recommandé des transferts monétaires temporaires et ciblés vers les ménages les plus vulnérables.
L’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent, voit sa prévision 2026 ramenée à 1 %, contre 1,1 % en juillet et 1,4 % en début d’année. Importateur net de pétrole, le pays subit depuis avril une forte hausse des prix des carburants liée à la guerre entre les États-Unis et l’Iran et aux perturbations du détroit d’Ormuz, qui pèse sur les mines et l’industrie. Son PIB s’est contracté de 0,2 % au deuxième trimestre, rappelle BusinessDay. Le FMI y estime le chômage proche de 33 % et la dette publique autour de 78 % du PIB.
Un monde sous tension énergétique
Au niveau mondial, le FMI prévoit un ralentissement à 3,1 % en 2026, après 3,5 % en 2025, avant un rebond à 3,4 % en 2027. L’inflation mondiale grimperait à 4,7 % en 2026. Le prix moyen du baril est attendu à 96 dollars cette année, soit 16 % de plus que la référence d’avril, et le scénario central suppose une reprise du trafic par le détroit d’Ormuz au printemps 2027.
La croissance mondiale est aussi de plus en plus concentrée : 32 pays assurent désormais 95 % de la progression du PIB mondial, contre 54 en avril, selon l’Associated Press. La directrice de la recherche du FMI, Silvana Tenreyro, décrit des perspectives très inégales et une résilience mondiale mise à l’épreuve, avec des risques orientés à la baisse : correction boursière liée à l’intelligence artificielle, hausse des rendements obligataires et endettement croissant.
Ce que cela signifie pour les économies africaines
Pour les pays importateurs d’énergie et peu exposés au cycle technologique, le diagnostic est clair : factures d’importation plus lourdes, pressions sur les monnaies et revenus réels rognés. À l’inverse, certaines économies diversifiées d’Afrique de l’Est et de l’Ouest continuent de tirer la croissance régionale. Les ministres africains présents à Bangkok devraient en profiter pour plaider sur le coût de la dette et le financement de la transition climatique, deux dossiers au cœur de ces Assemblées.
Sources : Afrik.com ; BusinessDay ; Nairametrics ; Associated Press via ABC News ; The Star / Bernama ; allAfrica.
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