La Chronique Du Bantu : au Cameroun, la recrudescence des féminicides ravive le débat sur la répression
Il y a des chiffres qui devraient nous faire honte collectivement, et pourtant nous continuons de les regarder passer comme de simples faits divers. Ces dernières semaines, le Cameroun a été de nouveau endeuillé par une série de féminicides qui a ravivé, une fois de plus, un débat que nous n’arrivons jamais à faire aboutir : celui de la protection réelle de nos femmes face aux violences conjugales et intrafamiliales.
Face à cette recrudescence, le président du PCRN, Cabral Libii, a appelé à un durcissement de la répression contre les auteurs de violences faites aux femmes, estimant que des sanctions plus dissuasives sont devenues une nécessité absolue. Un avocat a également critiqué le silence prolongé de la ministre en charge de la Promotion de la femme face à ces drames à répétition, silence d’autant plus assourdissant qu’il se répète à chaque nouvelle affaire.
Mais durcir les peines, aussi nécessaire cela soit-il, ne suffira pas si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes : l’impunité de fait qui entoure trop souvent ces violences avant qu’elles ne dégénèrent en drames irréversibles, l’absence de structures d’accueil suffisantes pour les femmes en danger, et une société qui, encore trop souvent, minimise les signaux d’alerte au nom d’une prétendue affaire « privée ». Le Bantu ne se relèvera pas en silence : il est temps que la parole publique se transforme enfin en politique publique.
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