La Chronique Du Bantu : rentrée scolaire au Cameroun, la « note salée » que les familles n’arrivent plus à payer
Chaque année, c’est le même rituel silencieux qui s’installe dans les foyers camerounais dès la fin du mois d’août : celui des calculs, des arbitrages douloureux et, trop souvent, des dettes contractées pour permettre à un enfant de franchir les portes de l’école. La presse économique locale parle cette année d’une « note salée », entre la hausse des prix des fournitures scolaires, l’augmentation des frais de scolarité et le coût du transport.
Derrière cette formule presque pudique se cache une réalité bien plus dure : celle de parents qui vendent parfois une partie de leur récolte, empruntent auprès de tontines ou repoussent d’autres dépenses essentielles pour ne pas priver leurs enfants d’instruction. Pendant ce temps, les investissements annoncés dans l’agriculture, l’intelligence artificielle ou les produits pétroliers occupent le devant de la scène médiatique, comme si la rentrée scolaire n’était qu’un non-événement économique.
Le Bantu sait pourtant que rien ne se construit sans une jeunesse correctement instruite. Tant que la rentrée scolaire restera un fardeau individuel plutôt qu’une priorité collective assumée par l’État et les collectivités, chaque mois d’août continuera de ressembler à une épreuve plutôt qu’à une fête de la connaissance.
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