La Chronique du Bantu : jeunesse et urnes, le vrai test de la démocratie camerounaise
Cent sept mille nouveaux inscrits sur les listes électorales, dont plus des deux tiers de jeunes : sur le papier, la clôture de la révision annuelle d’ELECAM ressemble à une bonne nouvelle pour la vitalité démocratique du Cameroun. Mais tout observateur averti de la vie politique camerounaise sait que l’inscription n’est que la première marche d’un escalier bien plus haut.
Année après année, le même scénario se répète : une mobilisation relative lors des campagnes d’inscription, suivie d’un désenchantement progressif à mesure que l’échéance électorale approche. La jeunesse camerounaise, souvent accusée d’indifférence envers la chose politique, n’est pourtant pas dépourvue de conscience civique. Elle est surtout traversée par un doute légitime sur l’utilité réelle de son vote face à un système politique qu’elle juge verrouillé.
Ce doute ne se dissipera pas par des campagnes de communication digitale, aussi bien conçues soient-elles. Il ne se dissipera que par des actes : une transparence réelle du processus électoral, une ouverture effective de l’espace politique aux forces d’opposition, et surtout, la preuve concrète que le résultat des urnes peut produire un changement tangible dans le quotidien des citoyens.
À l’approche des municipales et des législatives de 2027, la vraie question n’est donc pas de savoir combien de Camerounais se sont inscrits sur les listes, mais combien, parmi eux, croiront encore, le jour du scrutin, que leur bulletin de vote a un poids réel dans la marche du pays.
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