Nigeria : l’inflation recule à 14,63 % en septembre, mais l’alimentation reste au-dessus de 19 %
L’inflation annuelle au Nigeria est tombée à 14,63 % en septembre 2026, contre 15,39 % en août, a annoncé jeudi 15 octobre le Bureau national des statistiques (NBS). Un an plus tôt, elle atteignait 20,98 %. Mais l’inflation alimentaire, à 19,59 %, reste nettement supérieure à l’indice général et continue de peser sur le budget des ménages de la première puissance démographique d’Afrique.
Un net coup de frein sur un mois
Le signal le plus marquant vient de l’évolution mensuelle : les prix n’ont progressé que de 0,06 % entre août et septembre, contre 0,71 % le mois précédent. Sur douze mois, l’inflation moyenne s’établit à 15,80 %, très loin des 27,31 % mesurés un an plus tôt, selon les chiffres repris par Vanguard. Le recul annuel de 6,35 points par rapport à septembre 2025 confirme la décrue amorcée depuis plusieurs mois.
Il faut toutefois lire ces chiffres avec prudence : une inflation qui ralentit signifie que les prix augmentent moins vite, pas qu’ils baissent. Le coût de la vie reste élevé pour de nombreux Nigérians après plusieurs années de forte hausse.
Alimentation : baisse mensuelle, niveau toujours élevé
L’inflation alimentaire annuelle s’est stabilisée à 19,59 %, quasiment au même niveau qu’en août (19,57 %) et sous les 20,16 % de septembre 2025. Fait notable, les prix alimentaires ont reculé de 1,55 % sur un mois en septembre, après une hausse de 1,02 % en août, un mouvement souvent lié à l’arrivée des récoltes sur les marchés. L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits agricoles et l’énergie, s’établit à 12,95 % sur un an, contre 22,11 % un an plus tôt.
De fortes disparités entre États
La moyenne nationale masque de grands écarts. Sur un an, l’inflation générale atteint 30,04 % dans l’État d’Imo, 22,38 % à Enugu et 22,05 % dans l’État du Niger, tandis que Taraba affiche seulement 1,78 %. Pour l’alimentation, Lagos arrive en tête avec 34,40 %, devant Imo (33,79 %) et Ondo (31,49 %), alors que Taraba enregistre une baisse de 7,47 %. Ces différences reflètent le poids des coûts de transport, de l’insécurité sur les zones de production et de la demande urbaine.
Quelles conséquences ?
Cette décrue donne des marges de manœuvre à la Banque centrale du Nigeria, dont les prochaines décisions de politique monétaire seront scrutées par les investisseurs et les entreprises en quête de crédit moins cher. Elle intervient alors que le FMI, réuni cette semaine avec la Banque mondiale, estime que les économies africaines ont plutôt bien absorbé le choc énergétique lié à la guerre en Iran, tout en alertant sur les risques inflationnistes et la fragilité des marges budgétaires.
Pour les ménages, la vraie mesure du soulagement restera le prix du panier au marché. Les prochains mois, avec la fin de la saison des récoltes et l’évolution des prix de l’énergie, diront si la baisse mensuelle observée en septembre s’installe dans la durée.
Sources : Nairametrics ; Vanguard ; Technext ; CNBC Africa.
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