Kompas Actu

Votre boussole d'info — Afrique, économie, logistique et politique internationale

Kompas Actu

Votre boussole d'info — Afrique, économie, logistique et politique internationale

Économie

Afrique de l’Est : le Kenya repasse devant l’Éthiopie comme première économie de la région, l’effet de la dévaluation du birr

Le Kenya a repris à l’Éthiopie le rang de première économie d’Afrique de l’Est en valeur, selon les dernières données du Fonds monétaire international (FMI) relayées jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2026. En 2025, le produit intérieur brut nominal kenyan a atteint 135,92 milliards de dollars, contre 126,35 milliards pour l’Éthiopie, qui occupait la première place depuis cinq ans. Un renversement qui tient davantage aux taux de change qu’à la vigueur réelle des deux économies.

Un écart de près de 10 milliards de dollars

L’avance kenyane s’élève à 9,57 milliards de dollars. Le PIB du Kenya, environ 17 570 milliards de shillings, a progressé de 13,7 % en dollars sur un an. À l’inverse, celui de l’Éthiopie a chuté de près de 40 % en dollars, alors qu’il avoisinait 210 milliards en 2024. Avec ce classement, le Kenya devient la septième économie d’Afrique, derrière l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, l’Angola et le Nigeria ; l’Éthiopie recule au huitième rang. Le FMI projette même que Nairobi pourrait dépasser l’Angola en 2028.

Une croissance réelle pourtant plus forte à Addis-Abeba

Le paradoxe est que l’économie éthiopienne a crû bien plus vite en volume : 9,2 % en 2025, plus du double des 4,6 % enregistrés au Kenya. L’explication tient à la réforme du change engagée par Addis-Abeba au second semestre 2024. Le passage à un taux de change déterminé par le marché, condition d’un programme de 3,4 milliards de dollars sur quatre ans avec le FMI, a provoqué une forte dépréciation du birr face au dollar. Mécaniquement, la valeur en dollars de la production éthiopienne s’est effondrée, sans que l’activité elle-même ait diminué.

L’économiste Charlie Robertson, cité par la presse kenyane, estime que le birr était surévalué avant la réforme et pourrait désormais être sous-évalué, de sorte que le PIB en dollars sous-estimerait aujourd’hui l’activité réelle de l’Éthiopie.

Ce que le classement dit, et ne dit pas

Le PIB nominal en dollars reste l’indicateur le plus suivi par les investisseurs pour comparer la taille des marchés, notamment pour la notation, l’accès aux marchés financiers et les décisions d’implantation. Pour le Kenya, déjà hub financier et logistique de la région avec le port de Mombasa, le symbole est porteur, d’autant que Nairobi négocie un nouveau programme avec le FMI.

Mais ce rang ne dit rien du niveau de vie : avec une population bien plus nombreuse, l’Éthiopie conserve un PIB par habitant plus faible, tandis que sa dynamique de croissance, ses grands projets énergétiques et l’ouverture progressive de secteurs comme les télécommunications et la banque peuvent rebattre les cartes. Le classement dépendra aussi de la stabilité du birr et du shilling dans les prochaines années.

Une rivalité régionale qui se poursuit

Ce chassé-croisé intervient alors que le FMI, lors de ses réunions annuelles à Bangkok, table sur une croissance de 4,5 % pour l’Afrique en 2026 et de 5 % en 2027. Pour l’Afrique de l’Est, l’enjeu dépasse la querelle de rang : il s’agit de transformer la croissance en emplois, dans deux pays où la jeunesse constitue l’essentiel de la population active.

Sources : Kenya Insights ; allAfrica (revue de presse du 16 octobre 2026) ; OkayAfrica ; Kenyans.co.ke.

Partager cet article


Discover more from Kompas Actu

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Discover more from Kompas Actu

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading