RDC : à l’ombre d’Ebola, le choléra flambe avec plus de 51 000 cas et 1 487 morts depuis janvier
Pendant que la République démocratique du Congo concentre ses forces contre Ebola, une autre épidémie progresse. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), relayées cette semaine par ONU Info, le choléra a fait plus de 51 400 cas suspects et 1 487 morts dans 21 provinces depuis le début de 2026. Depuis janvier 2025, le bilan cumulé dépasse 125 000 cas suspects et 3 644 décès.
Une semaine plus meurtrière
Les chiffres hebdomadaires traduisent une accélération. Au cours de la semaine du 21 au 28 septembre, l’OMS a recensé 2 932 cas suspects, contre 2 506 la semaine précédente, soit une hausse d’environ 17 %. Les décès sont passés de 62 à 86 en une semaine, une progression de près de 40 %. Quatre nouvelles zones de santé ont été touchées : trois dans la province de la Tshuapa et une au Sud-Kivu. Pour 2026, le taux de létalité avoisine 2,9 %, un niveau élevé pour une maladie que l’on sait soigner par une réhydratation rapide.
L’Est du pays en première ligne
Trois provinces concentrent près de 60 % des cas : le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et le Haut-Katanga. Dans l’Est, la situation est aggravée par l’insécurité chronique liée aux groupes armés, qui limite l’accès des équipes médicales, notamment dans les zones de Kibua et de Masisi, selon l’OMS. L’organisation pointe comme causes principales le manque d’eau potable et d’assainissement, la consommation d’eau de puits contaminée et les fortes pluies, qui favorisent la propagation de la bactérie.
Deux épidémies en même temps
Cette flambée intervient alors que le pays affronte la plus grave épidémie d’Ebola de son histoire. Selon les données de l’OMS publiées mardi et citées par The Eastern Herald, la maladie à virus Bundibugyo a provoqué 9 066 cas et 4 381 décès dans sept provinces et 65 zones de santé, soit une létalité de 48,3 %. Les deux crises se disputent des ressources sanitaires limitées : personnels, centres de traitement, logistique et financements.
Le choc dépasse désormais les frontières : le Kenya a confirmé cette semaine un deuxième cas d’Ebola lié à un patient venu de RDC. La Banque mondiale a, de son côté, annoncé 93 millions de dollars pour la riposte à Ebola en Afrique, dont 80 millions pour la RDC.
La riposte s’organise, y compris avec Brazzaville
Face au choléra, plusieurs mesures sont en cours ou en préparation, selon l’OMS :
- quatre sites de chloration de l’eau en cours d’installation dans les zones les plus touchées du Nord-Kivu ;
- la désinfection prévue de près de 4 000 ménages et 5 900 latrines dans le Tanganyika ;
- des campagnes de vaccination réactives déjà lancées dans les zones de santé de Mulungu et Shabunda, au Sud-Kivu ;
- la préparation d’une campagne de vaccination orale sur les îles du corridor du fleuve Congo, dans le cadre d’un plan transfrontalier conjoint avec la République du Congo.
Aucun calendrier pour la campagne du corridor fluvial ni montant de financement pour la riposte au choléra n’ont toutefois été rendus publics. Les données de l’OMS s’arrêtent à la semaine du 28 septembre : les prochains bilans hebdomadaires diront si les mesures engagées parviennent à freiner une épidémie dont le moteur principal reste l’absence d’eau potable et d’assainissement.
Sources : ONU Info ; allAfrica ; The Eastern Herald ; allAfrica (All of Africa Today) ; allAfrica (revue de presse, Banque mondiale).
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