RDC : le parquet militaire requiert la prison à vie contre le général Philémon Yav

Le ministère public a requis, jeudi 3 septembre, la servitude pénale à perpétuité contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung, devant la Haute Cour militaire de Kinshasa. L’ancien commandant de la 3e zone de défense des Forces armées de la RDC est poursuivi pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, dans un dossier suivi de très près par les milieux politico-militaires congolais.
Des accusations lourdes, un contexte sécuritaire tendu
« Qu’il plaise à la Haute Cour militaire de dire établies en fait comme en droit les infractions de trahison et de participation à un mouvement insurrectionnel mises à charge du général Yav Irung Philémon et de Chauri, son coprévenu, et de les condamner, avec admission de circonstances atténuantes, à la servitude pénale à perpétuité », a déclaré le lieutenant-général Lucien-René Likulia, auditeur général des FARDC. Selon l’accusation, le général Yav aurait entretenu des contacts présumés avec des responsables liés au groupe armé AFC/M23, actif dans l’est du pays, ainsi qu’avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe, et aurait participé à la fourniture présumée d’armes à des groupes insurgés.
Ce n’est pas la première fois que l’officier comparaît devant la justice militaire cette année : en mai 2026, le parquet avait déjà requis une peine similaire dans un autre volet du dossier, concernant une violation de consignes hiérarchiques relative à la programmation de fréquences radio dans l’est du pays et une incitation des militaires à l’indiscipline. Sa défense conteste depuis le début l’existence de preuves tangibles et dénonce ce qu’elle qualifie de complot politique.
Un procès emblématique des tensions dans l’Est congolais
Ce dossier s’inscrit dans un climat sécuritaire particulièrement tendu à l’est de la RDC, marqué par la progression du M23 et les accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali. La justice militaire congolaise multiplie depuis plusieurs mois les procès visant des officiers supérieurs soupçonnés de collusion avec les groupes armés, dans une volonté affichée d’assainir la hiérarchie des FARDC. La Haute Cour militaire n’a pas encore rendu son verdict ; celui-ci sera scruté comme un signal sur la fermeté — ou la retenue — du pouvoir congolais face à ses propres cadres militaires dans un moment où la crédibilité de l’armée est directement mise à l’épreuve sur le terrain.
Discover more from Kompas Actu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
