Niger : le Nigeria dément tout soutien à la tentative de coup d’État du 28-29 août

Le Nigeria a formellement démenti toute implication dans la tentative de déstabilisation survenue dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey, au cours de laquelle des militaires nigériens ont tenté de prendre le contrôle de plusieurs positions stratégiques de la capitale. L’épisode, qui a duré plusieurs heures avant d’être maîtrisé par les forces loyalistes, relance les tensions diplomatiques dans une région déjà fragilisée par une succession de crises institutionnelles.
Une nuit de tirs près de l’aéroport de Niamey
Selon les informations disponibles, des militaires ont pris le contrôle, dans la nuit du 28 au 29 août, de la base aérienne 101, située à proximité de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. Des tirs soutenus et des explosions ont été signalés dans plusieurs quartiers de la capitale entre 5 et 7 heures du matin. Les militaires loyalistes ont fini par déloger les mutins. L’ambassadeur de Russie au Niger, Viktor Voropaïev, a affirmé que des éléments russes d’Africa Corps présents dans le pays avaient aidé l’armée nigérienne à maîtriser la situation ; le lendemain, l’Algérie a envoyé quatre avions de chasse Sokhoï Su-30 et un ravitailleur Iliouchine Il-78 en soutien à l’armée nigérienne.
Un officier proche de l’ancien président Mohamed Bazoum, toujours détenu depuis le coup d’État de juillet 2023, a affirmé que les mutins auraient bénéficié du soutien de la Côte d’Ivoire, du Bénin et de la Cédéao — des accusations qu’Abuja a catégoriquement rejetées, insistant sur le fait que le Nigeria n’avait pris part à aucune manœuvre de déstabilisation contre le régime du général Abdourahamane Tiani.
Le malaise d’une jeune garde d’officiers
Des analystes spécialistes de la région, comme le chercheur Paul Melly de Chatham House, évoquent un mécontentement croissant au sein d’une jeune génération d’officiers nigériens, qui juge que la situation sécuritaire s’est dégradée depuis l’arrivée au pouvoir de la junte en 2023, malgré les promesses initiales d’amélioration. Le pays fait en effet face à une intensification des attaques de la branche sahélienne de l’État islamique et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, deux organisations qui ont déjà visé l’aéroport de Niamey par le passé.
Au-delà du cas nigérien, cet épisode illustre la fragilité persistante des régimes militaires issus des coups d’État successifs au Sahel depuis 2020, pris en étau entre l’insurrection jihadiste, la difficulté à tenir des promesses de stabilisation et une défiance croissante au sein même de leurs propres rangs. Il souligne aussi combien les rivalités d’influence entre puissances extérieures — Russie, Algérie, pays de la Cédéao — continuent de peser sur des institutions militaires déjà fragilisées.
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