Sénégal-FMI : un accord technique de 2,2 milliards de dollars pour restructurer la dette

Le Sénégal et le Fonds monétaire international ont conclu, le 1er septembre, un accord technique ouvrant la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de francs CFA. Négocié à Dakar du 19 août au 1er septembre par une mission conduite par Mercedes Vera Martin, cet accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit doit encore être validé par le conseil d’administration du FMI.
Un retour au Fonds vingt-deux mois après la rupture
Cet accord intervient près de trois ans après la suspension du précédent programme de 1,8 milliard de dollars, décidée en 2024 après la révélation par les nouvelles autorités sénégalaises d’une dette publique dissimulée par l’administration précédente. Le FMI avait alors évalué le déficit budgétaire réel de 2023 à 12,3 % du PIB, contre 4,9 % annoncés officiellement à l’époque. Fin 2024, la dette publique totale du pays était estimée à 132 % du PIB, l’un des niveaux les plus élevés d’Afrique subsaharienne.
Depuis, le déficit budgétaire s’est nettement resserré, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, principalement grâce à une rationalisation des dépenses publiques. Le nouvel accord doit appuyer le programme de réformes économiques et financières du gouvernement pour la période 2026-2029, avec un objectif affiché : réduire le poids du service de la dette, dégager des marges pour l’investissement et apurer les créances dues aux entreprises locales.
Un test politique pour le pouvoir de Bassirou Diomaye Faye
Fait notable, le gouvernement sénégalais accepte pour la première fois de recourir au cadre commun du G20 pour la restructuration de sa dette, une option qu’il avait jusqu’ici systématiquement écartée. Un programme du FMI suppose également des engagements précis en matière de consolidation budgétaire, d’élargissement de l’assiette fiscale et de ciblage des subventions énergétiques : le gouvernement avait d’ailleurs relevé les prix des carburants dès le 15 août, quatre jours avant l’arrivée de la mission du Fonds.
Pour un pouvoir arrivé en 2024 sur un discours de rupture souverainiste face aux institutions de Bretton Woods, la séquence est exigeante : le budget 2027 constituera le premier véritable test de la capacité du régime à concilier discipline financière imposée par ses créanciers et promesses de rupture faites à son électorat. Sur les marchés régionaux, où le Sénégal continue de se financer à des coûts plus élevés que via les bailleurs multilatéraux, cet accord est perçu comme un signal de stabilisation attendu par les investisseurs et les agences de notation.
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