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Stade d’Olembé : 250 milliards ou 50 milliards ? La facture qui divise Yaoundé

Le feuilleton judiciaire du complexe sportif d’Olembé connaît un nouveau rebondissement. Selon plusieurs médias camerounais, l’État du Cameroun aurait été condamné à verser près de 250 milliards de FCFA au groupe italien Gruppo Piccini, évincé en novembre 2019 du chantier du stade appelé à accueillir la CAN. Mais le gouvernement dément fermement ce montant et évoque une décision portant sur environ 50 milliards de FCFA.

Un contentieux vieux de sept ans

Le différend remonte à la résiliation du contrat liant Gruppo Piccini à l’État camerounais, une décision que Yaoundé justifiait par des retards jugés incompatibles avec les délais imposés par la CAF pour la livraison du stade. L’entreprise italienne, elle, a toujours estimé cette éviction abusive et a porté l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organe d’arbitrage adossé au Groupe de la Banque mondiale. Selon un rapport de la Chambre des comptes portant sur l’exercice 2024, Piccini réclamait alors 250 milliards de FCFA, auxquels s’ajoutaient les prétentions du canadien Magil Construction, qui lui a succédé sur le chantier.

Deux chiffres, un seul dossier

C’est là que le bât blesse : l’écart entre les 250 milliards relayés dans l’opinion et les quelque 50 milliards avancés par les autorités camerounaises est considérable, et il alimente la confusion. Cette somme, déjà consentie par le gouvernement, s’ajouterait aux 113 milliards de FCFA versés à Piccini entre 2015 et 2019 pour les travaux effectivement réalisés. Reste que même dans l’hypothèse la plus basse, la facture globale du chantier d’Olembé, entre les deux entreprises successives, continue de grossir et dépasse, selon plusieurs estimations antérieures, les 500 milliards de FCFA une fois toutes les procédures d’arbitrage soldées.

Le symbole qui coûte cher

Conçu pour incarner la modernisation des infrastructures sportives camerounaises à l’approche de la CAN 2021, le stade d’Olembé s’est progressivement transformé en symbole inverse : celui d’une gestion contractuelle défaillante, où les ruptures de contrat se soldent par des années de procédure et des indemnisations qui pèsent directement sur les finances publiques. Dans un contexte budgétaire déjà sous tension, chaque milliard supplémentaire consacré à solder ce contentieux est un milliard qui n’ira pas ailleurs.


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