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Tchad : au moins 12 morts dans un affrontement entre agriculteurs et éleveurs dans le Salamat

Au moins douze personnes ont été tuées et trois autres grièvement blessées lors d’affrontements entre agriculteurs et éleveurs survenus entre le dimanche 18 et le lundi 19 octobre 2026 dans la sous-préfecture de Mouray, département du Bahr-Azoum, dans le sud-est du Tchad. Les violences ont éclaté à la frontière entre les provinces du Salamat et du Sila, autour du tracé d’un couloir de transhumance. Ce bilan, fourni par des sources sécuritaires locales, reste provisoire.

Un couloir de transhumance au cœur du conflit

Selon le site Tchadinfos et l’Agence de presse africaine (APA), le différend est né d’un désaccord sur le tracé d’un couloir de passage pour le bétail. Ces couloirs, censés permettre aux troupeaux de traverser les zones agricoles sans endommager les cultures, sont régulièrement à l’origine de tensions à l’approche des récoltes, lorsque champs et pâturages se disputent les mêmes espaces. Les circonstances précises des violences restent à établir et le nombre de victimes pourrait encore s’alourdir.

Les autorités dépêchées sur place

Dès la nuit du 18 au 19 octobre, le délégué général du gouvernement auprès de la province du Salamat, Ahmat Choua Rozi, s’est rendu sur les lieux. Il était accompagné du président du Conseil provincial, Souleymane Issakha Abdoulaye, ainsi que d’éléments des forces de défense et de sécurité et de représentants de la justice, afin de ramener le calme et d’entamer les investigations. Aucune annonce d’arrestation n’avait été rendue publique lundi matin.

Une zone déjà meurtrie

Ce n’est pas la première fois que la sous-préfecture de Mouray est endeuillée. En juin 2025, un conflit communautaire dans la même localité avait déjà fait une dizaine de morts, rappelle APA. Plus largement, les affrontements entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades figurent parmi les principales sources de violence au Tchad, en particulier dans le sud et l’est du pays. La pression démographique, la réduction des terres disponibles et les effets du changement climatique sur les pâturages accentuent la concurrence pour l’eau et l’espace.

L’enjeu de la prévention

Ces drames répétés posent la question de la gestion des couloirs de transhumance et des mécanismes locaux de règlement des conflits. Bornage concerté des pistes, comités mixtes associant cultivateurs et éleveurs, sanctions effectives contre les auteurs de violences : les pistes sont connues, mais leur mise en œuvre reste inégale. Dans l’immédiat, les autorités provinciales devront éviter les représailles, alors que la saison sèche qui s’annonce relancera les mouvements de troupeaux vers le sud.

Sources : Tchadinfos ; APA News.

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